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COURS D'HISTOIRE DES IDÉES POLITIQUES

NB- CE COURS EST UNE PRISE DE NOTE. CE N'EST DONC PAS UN COURS OFFICIEL. A CET EFFET, IL PEUT CONTENIR CERTAINES ERREURS, AUSSI BIEN DANS LE FOND QUE SUR LA FORME. PAR AILLEURS, IL PEUT NE PAS ÊTRE COMPLET. MERCI D'EN TENIR COMPTE DANS VOTRE LECTURE. POUR PLUS DE COURS SUR NOTRE SITE, VOUS POUVEZ CLIQUER SUR CE LIENhttps://www.exacademie.com/coursdedroit


INTRODUCTION

L’introduction de l’enseignement de l’histoire des idées politiques vise à enrichir la formation des juristes par la connaissance de la science politique.

L’étude des idées politiques vient donc pour ainsi dire pallier la carence qui affecte pendant longtemps le niveau de culture générale des juristes.

Ce cours contribue donc à la formation politique de l’étudiant en le familiarisant avec la pensée d’auteurs dont il a su aborder l’étude rapide dans une optique littéraire ou philosophique dans les classes de terminale du secondaire.

Ainsi Platon, Montesquieu, Hegel, Carl Marx sont des auteurs déjà connus. La souveraineté populaire et le mandat impératif sont associés au nom de Jean Jacques Rousseau comme la souveraineté et le mandat représentatif au nom de l’abbé Sieyès.

En histoire des idées politiques, l’intérêtréside dans le fait que ces auteurs sont étudiés non sous l’angle de la technique juridique mais des fondements théoriques et de l’interprétation de la pensée primitive de l’auteur.

L’étudiant trouvera dans ce cours des connaissances mais aussi une ouverture destinée à éveiller l’esprit.

Le 1er sentiment lorsque l’on aborde l’étude des idées politique est une impression de flou tellement les contours de cet enseignement paraissent insaisissable mais très vite des repères sont donnés pour plonger dans la discipline fascinante des idées politiques.

1 – Une impression de flou

L’auditeur du cours d’histoire des idées politiquesreçoit l’impression d’un enseignement dont les liens avec les autres enseignements ne sont pas clairement définis. Contrairement au cours d’histoire des institutions dont les liens avec d’autres disciplines juridiques peuvent être clairement définis.

Le droit constitutionnelétudie les institutions contemporaines alors que l’histoire des institutions étudie les institutions dans une perspective historique. Le fondement même du cours n’est pas toujours clair mais de manière générale on peut dire que l’histoire des idées politiques étudie l’enseignement des connaissances relatives à la légitimité, à l’organisation et aux fins du pouvoir dans une approche historique.

Selon Olivier Nay, professeur de sciences politiques à l’université de Paris 1 Sorbonne « elle s’intéresse au savoir très divers traitant du gouvernement, du bien commun, de la justice et de la paix des règles de la vie commune ou encore du destin collectif de la société. Elle interroge des conceptions philosophiques doctrinales ou idéologiques à partir desquelles sont déterminées les fonctions et les responsabilités de ceux qui gouvernent mais aussi des droits et des obligations de ceux qui obéissent. »

On peut dire aussi que tous les historiens ont pour point commun d’accorder une attention particulière aux systèmes de pensées à partir desquels les groupes sociaux tentent de comprendre leur époque et envisagent leur avenir.

L’utilité pratique de l’histoire des idées politiques ne parait pas aussi claire à première vue. A quoi peut servir ce cours dans la vie pratique et dans la vie politique ? Ce qu’il faut savoir, c’est que les intellectuels sont souvent lies au pouvoir. Du coté des intellectuels, l’exercice de la réflexion et de critique peut se révéler dangereux pour celui qui discute les principes sur lesquels reposent les institutions de la société et surtout il ne rapporte rien.

L’intellectuel a donc souvent besoin d’un appui politique ou du soutient intellectuel d’un protecteur, aussi aurait on bien tort d’associer le savant philosophe à la figure socratique du sage éloignédes contingences du monde vivant dans la pauvreté et l’ascèse qu’exige la discipline de l’esprit. Mais les idées politiques ont aussi une utilité immédiate pour les dirigeants en place et les prétendants au pouvoir. En effet les acteurs politiques font régulièrement usage des savoirs-savantspour légitimer leurs actions et défendre leurs intérêts.Cela est aussi vrai dans les sociétésdémocratiques où la compétition politique est organisée selon un principe de délibération qui repose sur la confrontation libre et non violente des arguments que dans les systèmes autocratiques.

Dans ces derniers le pouvoir ne repose pas toujours sur l’usage continu de la force brute car celle-ci rend la domination incertaine et accroit le risque révolutionnaire. Les despotes cherchent toujours des principes de légitimitésusceptible d’atténuer le caractère brutal et arbitraire de leur domination. Plus avant ils recourent à l’idéologie pour orienter les consciences et encourager l’adhésion. Ils associent ainsi la force des maux à la puissance du glaive. En ce sens, les idées politiques ne sont pas seulement des énoncés seulement à donner un horizon éthique à la politique. Elles sont aussi des ressources discursives utilisées dans les luttes politiques soit pour renforcer un pouvoir soit pour le contester.

2 – Sortons du brouillard

En fin de compte pour sortir du brouillard qui semble submerger l’étudiant qui aborde le cours d’histoire des idées politiques, certaines idées fondamentales permettent de dégager de grandes doctrines qui tendent à clarifier les idées politiques des différentes époques de l’histoire.

Le foisonnement de ces doctrines permet aussi de dégager les constantes des grandes lignes de force des idées politiques, ces lignes de force traversent l’histoire et se sont imposées dans toute réflexion des idées politiques y compris de nos jours. Il en est ainsi de la distinction entre l’attitude réaliste et l’attitude idéaliste où des rapports entre la morale et la politique. Concernant la distinction entre le réalisme et l’idéalisme, certains auteurs considèrent avant tout la société comme un fait, une donnée que l’on peut améliorer, c’est le réalisme politique qui veut qu’on prenne la société comme telle ou comme elle est.

On peut citer comme représentant ce courant de pensée Aristote, Machiavel et Montesquieu. D’autres s’occupent peu du fait qu’ils s’attachent à réaliserà tout prix un idéal posé à priori. C’est l’idéalisme qui est incarné notamment par Platon et Thomas More. Pour eux, on ne doit pas s’incruster dans le réel, la société telle qu’elle n’est pas bonne il faut la changer.

Concernant les rapports entre la morale et la politique, il y a 3 attitudes possibles.

La première attitude interdit à la morale de s’occuper de la politique soit parce quel’on ne croit pas du tout à la morale soit parce que chaque politique la contourne dans sa politique individuelle. C’est le machiavélisme qui est une idée et une pratique fort répandue.

La 2eme attitude incorpore si totalement la politique à la morale qu’elle en devient une branche et l’on obtient une sorte de morale civique. On a l’exemple des penseurs chrétiens du sacerdotalisme.

La 3eme attitude considère que la politique a un aspect irréductible à la morale qu’elle n’est identique à cette dernièreni dans son but ni dans ses moyens.

Toutefois la politique doit être strictement subordonnée dans ses exigences morales, ses usages et ses réalisations.

En fin de compte, il s’agit dans cette introduction de cerner pour mieux définir l’objet de l’histoire des idées politiques. Pour ce faire, nous allons conduire une réflexion sémantique qui nous permettra de râler l’histoire des idées politiques et science politique avant de poser le problème de la méthodepédagogique.

PARAGRAPHE 1 : LE CHAMP D’INVESTIGATION DE L’HISTOIRE DES IDEES POLITIQUES

A travers quelques millénaires, l’ancienne Chine nous a transmis une parole de sage « s’il fallait un jour être empereur de Chine, je commencerais par écrire un dictionnaire. Les malheurs des hommes viennent de ce qu’ils ne s’entendent pas sur le sens des mots. »

Cette maxime qui s’applique à bien des enseignements n’a nulle part tant de raisons d’être appelé dans l’histoire des idées politiques qui associent dans les mots histoire, idées et politiques. Dans ce paragraphe, nous allons distinguer d’une part les doctrines et les idées politiques avant de voir d’autre part s’il est convenable de parler d’histoire des idées politiques et d’histoire des idéologies politiques.

A – LA DISTINCTION FONDAMENTALE DES DOCTRINES ET DES IDEES POLITIQUES

Le mot doctrine vient du Latin ‘’docere’’ qui signifie enseignement pour le Littré comme le Larousse dans leur définition presqu’identique de la doctrine la conçoivent comme« l’ensemble des dogmes soit religieux soit juridique qui dirige un homme dans l’interprétation des faits et dans la direction de sa conduite »

La doctrine politique est donc un système complet de pensées qui repose sur une analyse théorique des faits politiques. On parle ainsi de doctrine de Platon ou d’Aristote.

Le lexique économique, lui, différencie la doctrine de la théorie qui est présentée comme la systématisation objective des observations, leur interprétation dans la mesure du possible leur explication et leur généralisation.

La doctrine qui est par contre définie comme portant un jugement sur les faits, ce jugement étant assorti de projet de réforme. Mais en raison des difficultés de soumettre constamment la théorie à l’épreuve de la vérification et la critique des faits nouveaux qui apparaissent, la plupart des auteurs ont abandonné la distinction des notions de théorie et de doctrine pour s’en tenir à la seule notion d’idée politique.

Nous recevons donc les idées politiques comme désignant la représentation dans l’esprit humain, le phénomène politique, si nous définissons l’idée comme la représentation d’un phénomènedéterminé.

A mieux considérer les termes, l’histoire des idées politiques englobe l’histoire des théories ainsi que celle des doctrines politiques.

L’expression idée politique nous semble-t-il, est plus large que celle de doctrine politique puisqu’il ne s’agit pas ici d’examiner les systèmes politiques élaborés par quelques doctrinaires mais de replacer ces systèmes dans un contexte historique afin d’établir ce que chaque système représente pour l’époqueconsidérée et particulièrement pour les hommes qui y vivent. L’histoire des doctrines fait ainsi partie de l’histoire des idées politiques mais n’est pas entièrement l’histoire des idées politiques. En effet, celle-ci est inséparable de l’histoire des institutions, de l’histoire des faits et doctrines économiques, de l’histoire des religions, des littératures, des techniques. En d’autres termes, elle est inséparable à l’histoire des idéologies.

Doit-on alors parler d’une histoire d’idéologie politique ou d’une histoire des idées politiques.

B – HISTOIRE DES IDEES POLITIQUES OU HISTOIRE DES IDEOLOGIES POLITIQUES

Cree en 1796 par Destutt de Tracy (1754-1836) pour designer la science des idées politiques au sens philosophique, le mot idéologieéchappetrès vite à son auteur pour une signification politique.

Bonaparte, alors premier consul qui reprochait à Destutt de se mêler trop de son gouvernement à le……………………

Il donna du même coup une connotation péjorative à la philosophie (des idées creuses) et une certaine réputation aux idéologues (des savants qui ne se comprennent pas eux même). Cette acception bonapartiste de l’idéologie a inclus au fil des ans l’idée d’utopie. En 1846, le mot idéologie est ainsi intégré par Karl Marx et Engel dans leur vision critique de la sociétélibérale. Ces deux auteurs définissent l’idéologie comme « un ensemble de conception d’ordre moral propre à la classe dominante ». Pour eux, il n’y a d’idéologie que de classe. Une dernière conceptiondu mot idéologie, c’est le discours mystificateur source d’illusion mais d’une manière générale on s’accorde pour affranchir peu à peu le concept d’idéologie des conditions de mépris et d’inconscience. Etymologiquement, l’idéologie c’est la science des idées et Jean Jacques Chevallier l’a défini comme : « un système d’idée, de représentation intellectuelle susceptible de déterminer dans une certaine orientation le comportement humain. » C’est dans cet ordre d’idée que le sociologue Pierre Ansar définit la fonction d’idéologie politique : « donner un sens à l’action et en premier lieu aux projets et aux entreprises politiques. »

Somme toute, une idéologie politique est un ensemble d’idées sur les institutions politiques. Il est bien entendu que les institutions ont un caractère politique dans la mesure où rien n’échappe à la politique en ce qui concerne la vie en société. On peut ainsi situer les idées politiques à un triple niveau :

- D’abord au niveau des principes de basede la société (l’idée sur l’homme, idées sur la finalité de la société)

- Ensuite des schémasgénéraux des rapports sociaux (rapports d’autorité)

- Enfin des institutions proprement dites en tant que structure des rapports sociaux (familles, Etats)

A la base de l’idéologie, il y a des idées, quelques idées regroupées peuvent constituer l’amorce d’une idéologie. Mais l’idéologie politique n’apparait que du jour où se constitue un nombre suffisant d’idées pour répondre à l’ensemble des questions que se posent toute vie en société. C’est ainsi que Francis Paul Benoitdéfinit l’idéologie comme : « un ensemble cohérent d’idées politiques constituant une conception globale de la société et décrivant ou proposant un modèle de société ou projet de société. Lorsque les idées se rejoignent, se concordent et se complètent, trouve un plan d’équilibre pour former un système cohérent, apparait une idéologie. »

Cette idéologie ne comprendra que les idées qui se concordent laissant de côté les autres idées.

L’étude de l’histoire des idéologies est donc plus restrictive que celle de l’histoire des idées politique car cette dernière prend en compte toutes les grandes idées politiques de la société alors que la première ne concerne que les idées qui se rejoignent pour former un système cohérent.

L’histoire des idées politique englobe l’histoire des idéologies et à fortiori l’histoire des doctrines qui sont à la base des idéologies d’autant plus que les idéologiesvéritables sont apparues qu’au XVIIIèmesiècle.

En effet, de la Grèce antique au XVIIèmesiècle les idées politiques se sont exprimées dans des groupes restreints. Leur diffusion auprès des contemporains n’a pu êtrefaite et leur influence sur les institutions peu remarquées et difficilement décelable.

PARAGRAPHE 2 : L’HISTOIRE DES IDEES POLITIQUES COMME L’etude des grands courants de pensee

Il y a lieu de répondre ici à la double interrogation ayant trait aux liens de l’histoire des idées politiques avec la science politique et à la place de l’étude des grandes œuvres politiques dans cet enseignement.

A- LE LIEN SYMBIOTIQUE ENTRE L’HISTOIRE DES IDEES POLITIQUE ET LA SCIENCE POLITIQUE

Confronté à des situations similaires, les hommes sont sensés réagir de la mêmefaçon. Si suffisamment d’exemples sont observés, ils peuvent êtreréunis en généralisation (théorie) nous permettant de décrire la manière dont se comportent ordinairement les gens et de prévoir leur comportement futur sans grand risque d’erreur. De telles généralisations sont les lois de la politique.

Les formules sont du domaine de la science politique. Les appliquer est l’art du gouvernement. La conception la plus ancienne et la plus proche du sens commun du sens commun donne la science politique comme étant : « la science qui a pour objet l’étude des phénomènes d’autorité dans le cadre de l’Etat et dans le cadre des relations entre Etats ». Cette définition est en conformité avec celle que dictionnaire de l’académiefrançaise donne au substantif politique « connaissance de tout ce qui a rapport à l’art de gouvernement d’un Etat et de diriger ces rapports avec les autres Etats.

Il faut préciser que si la notion d’Etat est une notion moderne, l’étude des groupements anciens correspondant à l’Etat (la cité, l’empire, l’Etat féodal) fait partie de la science politique et on peut se référer ici à Aristote pour qui « la politique est l’étude du gouvernement de la cité(polis) » qui constituait l’entité étatique de son époque.

L’histoire des idées politiques étant l’histoire de la pensée politique se reportant à l’Etat et tout ce qui se rattache à lui, son objet est au fond le même que celui de la science politique.

Cette conception établit du même coup un lien étroit entre le droit constitutionnel et l’histoire des idées politiques.

D’un côté, le droit constitutionnel étudie les régimes politiques c’est-à-dire l’ensemble des règles positives selon lesquelles s’établit et s’organise l’Etat, fonctionne et se transmet le pouvoir politique.

De l’autre côté l’histoire des idées politiques envisage les idéologies comme les conceptions intellectuelles selon lesquelles s’établit et s’organise l’Etat, fonctionne et se transmet le pouvoir politique. La seule différenceréside dans la « juridicité » de l’un et dans « l’idéalité » de l’autre.

L’un étudie des normes réellement prescrites et l’autre prescrit des normes idéales.

B-L’ETUDE DES GRANDES ŒUVRES POLITIQUES

Vu qu’aucun domaine ne peut être soustrait à la politique, le champ d’investigation de l’histoire des idées politiques eût été immense et même impossible à couvrir s’il n’avait été limité aux grandes œuvres qui touchent de près ou de loin à la matière politique. En effet, l’histoire est jalonnée non seulement par les grands évènements mais aussi par certaines grandes œuvres politiques qui, à plus ou moins longue échéance ont contribué à la préparation de ces évènements. L’œuvre est réputée grande pour avoir traité du pouvoir politique à titre principal et pour avoir marqué profondément l’esprit des contemporains ou celui des générationsantérieures à l’évènement.

Cette œuvre doit faire date soit au moment de l’application soit plus tard. C’est cela la « résonnance » historique d’une grande œuvre dont parle Jean Jacques Chevalier.

Certaines œuvres rentrent tout naturellement dans le cadre de notre cours tel que « la République » et « Les Lois » de Platon, « La Politique » d’Aristote, « La Somme théologique » de Saint Thomas d’Aquin. Mais aussi les œuvres représentatives de la fin du moyen âge à l’absolutisme monarchique tel que « Le Prince » de Machiavel, « L’ile d’Utopie » de Thomas More et « La République » de Jean Bodin.Des choix vont êtreopérés dans cette littérature politique en un peu plus abondante. Des choix qui procèdent de ce que l’on pourrait appeler la chance historique. En effet, certaines œuvres politiques intrinsèquement grandes n’ont pas eu la chance de répondreparticulièrement aux préoccupations et aux passions politiques des hommes de telle sorte qu’elles n’ont pas fait date. Par contre, d’autres œuvres intrinsèquement imparfaites et parfois altérées par la passion partisane ont eu une grande résonnance historique. C’est le cas par exemple du « Prince » de Machiavel.

PARAGRAPHE 3 : LA METHODOLOGIE

Selon le Littré, « la méthode c’est l’art de disposer ses idées et ses raisonnements, de manière que l’on les entende soi-même avec plus d’ordre et que l’on les fasse entendre aux autres avec plus de facilité. »

La méthode scientifique est ainsi l’ordre que l’on met dans l’étude de l’enseignement d’une science suivant les conditions de cette science. Le problème de la méthode est donc étroitement lié à celui de la classification des sciences et de la définition de leur objet.

Les développementsprécédents mettent en exergue aussi bien l’étendue que la complexité de notre enseignement rendant impérieux le choix de la méthodeappropriée.

A- LES PRINCIPALES APPROCHES DE L’ENSEIGNEMENT DES COURANTS DE LA PENSEE POLITIQUE

La juxtaposition dans l’intitulé du cours des mots « histoire »,« idée » et « politique » justifie la diversité des approches possibles.

Nous pouvons retenir ici trois approches :

- L’approche historique qui insiste sur la chronologie des évènements.

- L’approche des idées qui est celle des philosophes

- L’approche des politologues qui met l’accent sur les œuvres politiques.

Pour les historiens, le mot « histoire » parait plus important que le mot « politique ». L’enseignement historique va donc étudier les doctrines se succédant chronologiquementet établir l’influence qu’elles exercent sur une période déterminée. Le cours envisagé sous cet angle dégage la contribution que les doctrines apportent à l’intelligence de leur temps.

Pour les philosophes, la priorité doit être accordée aux idées d’autant plus que l’histoire des doctrines fait partie de l’histoire des idées sans être toute l’histoire des idées.

Les idées politiques étant solidaires des idées religieuses, économiques, scientifiques, etc…, il faut donc insérer l’histoire des idées politiques dans le cadre général de l’évolution de l’esprit humain.

Pour les politologues, l’étude des idées fait partie intégrante de la science politique. Des lors, l’accent sera mis sur la signification politique de l’œuvre envisagée. Certes la personnalité de l’auteur, l’époque et le milieu ne sont pas sans intérêt mais l’essentiel pour les politologues c’est la connaissance à travers les idées exprimées dans l’œuvre de la notion de politique.

Au total, notre étude observe la chronologie mais sans la recherche obstinée d’une correspondance stricte entre la chronologie de histoire évènementielle et celle des courants idéologiques. Il faut compter tant avec les survivances de tels courants idéologiques qu’avec le retour en force de tels autres qu’on croyait perdu.

B-LE CADRE DU COURS

Il s’agit ici de donner un simple aperçu chronologique des points de repère de ce cours d’histoire des idées politiques.

1- L’antiquité et la civilisation des cités

Notre étude a pour point de départ la Grèce antique. Cette société de l’archipel grecque divisé en cités distinctes telles qu’Athènes et Sparte mais constituant une communauté plus large qui avait conscience d’elle-même en faisant face au bloc des barbares. Le monde Hellénique a ceci de commun avec la Rome antique que la cité constitue un idéal philosophique, celui d’une société humaine harmonieuse et équilibrée.

2- Le moyen âge

En partant de l’effondrement de l’empire romain à la fin du Vème siècle, laréflexion sera conduite sur les idées politiques médiévales dans les directions suivantes.

D’abord l’Europe occidentale s’émiette à la suite du démembrement de l’empire romain et de plusieurs royaumes en de nombreux territoires que dominent des seigneurs indépendants mais liés les uns les autres par des rapports complexes de la féodalité.

Par-delà cette multitude de seigneuries, l’affaiblissement de la notion d’Etat a facilité l’émergence d’une autonomie spirituelle et temporelle de l’églisechrétienne. En effet, la communauté chrétienne de l’Europe avec à sa tête le pape ne cessera d’affirmer sa suprématie, son hégémonie vis-à-vis de l’autorité de l’empereur et des prives. C’est le sacerdotalisme médiéval dont l’apogée est atteint au XIIIèmesiècle lorsque le pape Boniface affirmait que le pontife romain, vicaire du tout puissant commandait au roi et au royaume.

Ensuite, le glas du sacerdotalisme va commencer en 1603 lorsque le roi de France s’affranchit par la force de la suprématie et la tutelle pontificale.

La fin du moyen âge voit la communauté chrétienne se disloquer en royaume et en nation. C’est l’époque de l’exaltation de « l’Etat-nation » monarchique.

3- La reforme au XVIème siècle

La reforme c’est la rupture de l’unité de la chrétienté et le point de départ de la lutte religieuse entre protestants et catholiques aussi bien sur le plan des guerres civiles et des guerres internationales.

Au plan politique, on notera que toute la période qui va de la fin du XVIème siècle sera marqué par les œuvres essentiellement apogétiques. Le monarque construit l’Etat mais finit par l’absorber. Ainsi quel que soient les formules politiques tentées au cours de cette période, le pouvoir du prince est illimité et personnel sinon dans son principe du moins dans son exécution.

4- Les théories absolutistes à la monarchie limitée (XVIème et XVIIème siècle)

Dans l’Europe de l’Ouest où des siècles qui situent le moyen âge les royaumes se transforment en de vastes unités politiques.

La monarchie se consolide grâce à l’unification territoriale et la concentration du pouvoir un double processus qui permet au roi de dominer les autorités concurrentes à l’intérieur du royaume. La couronne devient une véritable institution politique encadrée par des règles et prolongée par un appareil administratif. L’ancienne royauté féodale se transforme petit à petiten une monarchie moderne.

De son côté, le peuple commence aussi à s’attacher au royaume et son unité n’est plus seulement basée sur la foichrétienne mais aussi sur le sentiment d’avoir une communauté de destin avec tous ceux qui sont placés sous l’autorité du roi.

On voit alors apparaitre des doctrines de la monarchie dans une démarche tendant à s’émanciper de la pensée médiévale pour être une idée nouvelle d’où sortent les premièresreprésentations de l’Etat moderne.

Cette pensée monarchique va puiser son argumentation dans des œuvres diverses tantôt d’inspiration religieuse tantôt profane dont l’objectif principal est d’affirmer le principe de l’absolutisme royal.

Cependant la pensée monarchique ne suit pas forcement une pente autoritaire car si le pouvoir royal triomphe dans les faits, il suscite par réaction une riche littérature politique qui ne cesse de dénoncer les comportements arbitraires du prince.

Il s’agit notamment des doctrines protestantes du XVIèmesiècle et les doctrines libérales de la fin du XVIIèmesiècle.

5- Le libéralisme et le socialisme (VIIIème et XIXème siècle

Dès la fin du XVIèmesiècle, les monarchomaques constituaient déjà d’ardents partisans de la monarchie tempérée. Mais leurs argumentsparaphetaires et très peu théoriques ont du mal à s’incruster dans la société et à influencer la marche des affaires politiques.

La seule force qui va oser défier la monarchie autoritaire est la noblesse. Celle-ci n’entend pas renoncer à ses droits et privilèges. Elle fait donc le choix de la confrontation et dans ce but soutient une littérature radicalement anti absolutiste. Des doctrines nouvelles apparaissent qui projettent de diviser le pouvoir pour mieux limiter le risque de despotisme. Un nouveau courant de pensée est en train de naitre qui débouchera sur la révolutionfrançaise : le libéralisme.

Tout comme le libéralisme, au moment où le mot socialisme apparait dans le langage politique et philosophique, il ne désigne pas un courant doctrinal unifié. Pierre Leroux (1797-1871) un philosophe et homme politique français estime avoir inventé la notion en 1833 dans un article publié dans la revue encyclopédique. Il l’utilise d’abord pour désigner les formes d’associationnisme qui sombrent dans l’excès pour en faire à la veille de la révolution de 1848 une doctrine du progrès social. Si certains auteurs contestent au philosophe français la paternité du mot, il faut reconnaitre que c’est après lui que le terme prend progressivement place dans le langage politique français. La notion est aussi popularisée au même moment en Angleterre par Robert Owen (1771-1818)dans un ouvrage àsuccès publié en 1841 et intitulé ‘’WhatisSocialism ?’’.

D’une manière générale le socialisme peut êtreconsidéré comme l’ensemble des doctrines et des attitudes politiques qui condamne l’individualisme excessif de la société du XIXème siècle et en appel à des reformes pour créer une société nouvelle fondée sur l’égalité sociale et la fraternité humaine. A la veille de la révolution de 1848 il va rassembler sous une mêmebannièretous ceux qui entendent mettre fin à la monarchie libérale. Ces deux courants de pensées, le libéralisme et le socialisme vont devenir les deux idéologies qui vont dominer le monde de la fin du XIXème et XXèmesiècle. Ils vont se laisser saisir comme deux systèmes d’idées expliquant chacun de son côté la totalité du mouvement historique (passé, présent, futur). En effet la force de l’idéologie est d’être un cadre d’interprétation global. Elle impose la « logique d’une idée » en ce sens qu’elle intègre toutes les contradictions du monde dans une lecture de l’histoire à la fois univoque et irréfutable. Elle énonce ce que la politique doit faire pour s’accorder à la vision du monde qu’elle prescrit. Sa force tient par son caractère prophétique qui lui permet de manipuler les consciences et de susciter l’adhésion du plus grand nombre. Elle représente un puissant instrument d’assujettissement du corps social.

PREMIERE PARTIE : DU CIVISME ANTIQUE AU SACERDOTALISME MEDIEVAL

La période de l’antiquité gréco-romaine s’ouvre avec la fondation des premières cités sous les bords de la mer Egée ente le VIIIème et le VIèmesiècle avant JC. Elle s’éteint en même temps que l’empire romain d’occident au Vèmesiècleaprès JC. Elle constitue une phase historique essentielle dans la formation de la pensée politique occidentale. Certes les idées du monde moderne se distinguent à bien des égards à celle de la vie antique. Mais on doit admettre que de nombreuses idées « modernes » plongent leurs racines dans les innovations intellectuelles extraordinaires des penseurs politiques grecques reprises et approfondies par les romains. Viendra ensuite l'expansion prodigieuse de la religion chrétienne et dans la phase historique de « christianisation » de l’occident (VIème siècle XIème siècle) la politique perd progressivement son autonomie et définit qu’en rapport avec la religion.

CHAPITRE 1 : LA PENSEE POLITIQUE GRECQUE

Un seul mot illustre à merveille la pensée politique de pensée politique de la Grèce antique : la démocratie.

Née en Hellade, la démocratie est l’expression de la soif de liberté d’égalité de diversité et de mesure qui caractérise les grecques dès leur apparition dans l’histoire. Elle a pour cadre la cité, la « polis »

SECTION 1 : LA CIVILISATION DES CITES ET LES GRANDES IDEES DE L’ATHENE DEMOCRATIQUE

PARAGRAPHE 1 : LA « POLIS » GRECQUE

L’expériencepolitique des grecques avait pour cadre la polis, la cité, une ville d’Etat, une communauté de modeste dimension que Platon et Aristote considéraient autrefoiscomme « la plus haute expression du bien commun » c’est-à-dire l’incarnation d’une valeur morale.

A-LES CARACTERISTIQUES DE LA CITE GRECQUE

L’antiquité grecque est synonyme de la civilisation grecque car le grec se pense avant tout comme citoyen de la cité, toute sa vie est marquée par son intégration à une série de communauté superposée qui sont comme autant d’organes de la cité ; toujours et partout la cité est première et l’homme est d’abord ce que son rôle civique lui impose d’être. Aussi, le lien entre homme et la cité demeure profondément religieux et affectif que cette cité soit définie par certains penseurs par rapport à sa divinité ou par rapport à sa constitution ou son étendu.

Selon Aristote « l’homme est un animal politique ». Cela signifie que l’homme non seulement vit en cité mais vit aussi pour cette cité. Sur cette base, le peuple citoyen exclut les femmes, les esclaves et bien souvent les métèques qui sont les étrangers établis à demeure, mais qui n’ont pas droit de cité.

Le peuple n’était donc pas formé d’une seule masse d’individus égaux. Les citoyens se répartissaient généralement en trois classes hiérarchisées :

- Les hommes d’élite, chargées de l’administration des intérêts communs ; les hommes d’élite qui constituent l’aristocratie forment l’ordre délibérant qui englobe le sénat et l’exécutif.

- L’ordre militaire est constitué par l’ensemble des hommes robustes chargés de la défense de la cité.

- L’ordre dit laborieux, l’ensemble des agriculteurs, artisans et commerçants qui fournissent l’ensemble des biens nécessaire à la cité.

Il faut noter qu’aucun individu n’est voué par la coutume (par nature) à l’exercice d’une fonction déterminée ; la pratique courante était de choisir les gouvernants dans l’ordre délibérants et les chefs de guerre dans l’ordre militaire, les échanges ou combinaisons entre les différents ordres n’étant pas exclus.

B- ATHENES ET SPARTES

Les cités grecques les plus célèbresAthènes et spartes sont les villes commerçantes artisanales et parfois guerrières avec aux alentours une campagne qui les approvisionne et dont elles sont le marché. Ce sont des villes Etats dont l’activité politique est essentiellementconcentrée dans la cité elle-même. Jusqu’au milieu du IXèmesiècle avant JC sparte était la plus grande cité de la Grèce antique et jusqu’au VIIèmesiècle sparte a vécu sous le règne d’un groupe d’hommes issu d’une bande d’envahisseurs qui pratiquaient la « justice du poing » : les doriens.

A partir du VIIèmesiècle le pouvoir réel passe aux mains des « éphores » des magistrats élus chaque année parmi les descendants des envahisseurs. Aussi les votes publics par acclamation dans une assemblée qui n’était qu’une oligarchie était en réalité aux mains de quelques clans ou familles. Ceux-ci sont devenus maitres de toute la vie politique et judiciaire à spartes. Ils tiennent sous la terreur par le moyen de leur police secrète et des citoyens et même les rois qui peaufinaient dans un pouvoir nominal. Sparte est ainsi caractérisé par un pouvoir essentiellement oligarchique.

A l’inverse de spartes, Athènes va substituer dès le VIIèmesiècle avant JC une nouvelle formule politique à celle née du chao des invasions. Lorsque se développe le commerce se généralise l’usage de la monnaie et qu’apparaissent les richesses mobilières à Athènes le peuple voit son pouvoir dépassé celui de son ancien maitre. Désormais si le titre de roi demeure il ne désigne plus une fonction sacerdotale ou une magistrature parmi d’autre. Les nobles élisent annuellement les gouvernants pendant que renait la vieille assemblée du peuple : ecclésiaste. Alors le peuple citoyen va pouvoir imposer sa paix et instaurer la démocratie. Il faut signaler pour mémoire qu’avant que s’instaure la démocratie, Athènes a substitué dès le milieu du VIIIème siècle avant JC à la formule d’une monarchie à une oligarchie. Le 1er magistrat le chef appelé « archonte » avait pour mission d’instaurer dans la cité la paix et le respect de la loi. A ce 1er magistrat étaient adjoints 6 à 9 autres élus chaque année par l’assemblée ou ecclésiaste. L’un d’entre ces élus est affecté aux fonctions religieuses et est appelé « archonte-roi ». Il était le moins important, tous les archontes étaient contrôlés par un conseil, « l’aréopage » formé des « eupatrides »c’est-à-dire les « biens nés » chef des clans les plus puissants.Ce conseil détenteur permanant du pouvoir siégeait sur la colline Ares d’où le nom d’aréopage.

PARAGRAPHE 2 : LES PRECURSEURS DE LA DEMOCRATIE ATHENIENNE

Athènes est devenu le plus grands centre d’échange du monde grecgrâce à sa puissante flotte de commerce et de guerre du fait de cette étonnanteévolutionéconomique, le plus grand nombre de citoyens devenus riches revendiquent une part de ce pouvoir. C’est le règne de « Ploutos » dieu de l’argent. Il fallait donc à Athènes un magistrat capable d’en imposer à tous afin d’instaurer la loi et la paix dans la cité. Ce rôle est revenu à Solon.

A-SOLON LE PERE DE LA CONSTITUTION D’ATHENES (640-550) AVANT JESUS CHRIST

De par l’importance historique des lois qu’il a instaurées, de par son autorité, l’archonte Solon est présenté comme le plus grand législateur de l’antiquité. C’est lui qui a fondé la constitution d’Athènes qu’il célèbre en ces termes : « par elle tout chez les hommes devient ordre et sagesse ». Ce grand réformateur va dire leur fait aux riches et aux eupatrides parmi lesquels il choisit d’exiler les plus odieux et recommandera aux autres la vertu grecque qu’est « la mesure ». En une phrase il montre combien il faudrait que l’esprit et le cœur grandissent du même pas que la richesse si l’on ne veut pas aboutir à cette folie particulière qu’est la perte de la mesure. Il dit en effet que « la satiété engendre la démesure qu’en trop de fortunes échoit en très peu de sagesse ». Il attribue aux riches la responsabilité des désordresciviles mais il sait dire aussi ses dures vérités au peuple. Il aboli les dettes et les annexions de guerre par lesquelles les eupatrides agrandissaient leur immense domaine.Voulant rendre la société plus modéré il provoque l’affaiblissement des clans en permettant à chacun de disposer de ses biens par testament en faveur d’étrangers au clan. Il atteint ainsi la propriété collective et la puissance du chef du clan. Il fonde une démocratieéquilibréetempéréequ’Aristote portera aux nueset que Montesquieu inspiré par Aristote fera ressusciter. La grande formule politique grecque est trouvée. Celle du « juste milieu social politique » qui bannit les extrêmes et leurs dangers. Le poids politique d’Athènes va reposer désormais sur les citoyens dont Solon partage sinon la naissance du moins le mode de vie. Il était par sa naissance parmi les premiers de la cité mais par sa fortune un homme de la classe moyenne.Le succès de son combat contre les nobles mais aussi contre le peuple il l’a obtenu par la force de la loi et grâce à ses qualités personnelles. Il a su mettre d’abord la force et le droit. Dans la démocratie de Solon l’accent est mis sur le principe de la « légalité des décisions politique ». Mais a arraché aux riches l’abolition des dettes et à refuser aux démagogues le partage du pouvoir on ne se fait pas que des amis. Les athénien ne laisseront donc pas à Solon de jouir de son œuvre.

La coalition des puissants chassera d’Athènes le génial législateur et hélas le régime fait de mesures et d’équilibre ne survivra pas à l’exile de son fondateur.

Cependant après Solon, la loi comme technique de gouvernement gagne l’ensemble des cités grecques. Désormais l’idée d’une loi générale établie par la raison constitue un élément décisif dans l’évolution de la Grèce antique. En sapant les bases de l’ancienne légitimité celle de la tradition la loi permet le passage de système politique autoritaire à des systèmes pluralistes ouverts aux composantes les plus modernes du corps social.

B- PERICLES, « L’OLYMPIEN ET LA PSEUDO DEMOCRATIE » (495-429)

Habile orateur, Périclès parvient à éliminer ses rivaux par la seule force de son éloquence. Il accède au pouvoir en 443 et s’y maintient treize années en occupant la seule fonction de « stratège » d’une magistrature militaire en réalité moins prestigieuse et moins élevée que celle d’archonte. L’idéalathénien de la démocratie est définit par Périclès dans l’oraison funèbre qu’il prononce en 431 pendant la première guerre du Péloponnèse et que relate en témoin oculaire Thucydide. Dommageà ceux qui sont morts pour la grandeur et la puissance d’Athènes est transformé en un véritableéloge des institutions politiques et des mœurs d’Athènes. Selon Périclès la formule politique d’Athènes est originale « la démocratieathénienne est l’école de la Grèce. Nous sommes nous-mêmes des exemples plutôt que des imitateurs… Pour le nom comme les choses dépendent non pas du petit nombre mais de la majorité ce gouvernement propre à Athènes est une démocratie.» Avec Périclès constamment réélu stratège entre 443 et 429 c’est le règne de la formule politique dite démocratie mais qu’Aristote appellera tyrannie collective du fait du dogme de l’infaillibilité de la majorité. Le grand principe qui gouverne la constitution politique est la loi du nombre tant et si bien qu’une majorité à l’ecclésiaste est tout pour tous.

1- Les principes de la démocratie chez Périclès

Périclèsconsidère qu’à la base de la démocratie se trouve la souveraineté de la multitude elle-même sous tendu par deux principes : L’égalité des lois (isonomie) et la liberté d’opinion (iségorie).

Le régime démocratique est un régime qui assure au citoyen l’égalité civile et politique. C’est aussi un régime de légalité en ce sens que tous doivent obéir aux lois qui s’appliquent à tous. Les gouvernants sont alors tous ceux que leur seul mérite leur donne le droit de diriger si « obscure que soient ces hommes ». La participation aux affaires publiques est plus qu’un droit pour tous, un devoir pour le bon citoyen. Aussi il n’y a pas de distinction permanente entre gouvernants et gouvernés.La démocratieathénienne est un régime ou le droitégal de parler à l’assemblée est reconnu à tous les citoyens déjà égaux devant la loi. Refusant pour la cité tout système de doctrine d’Etat ou d’orthodoxie, Périclès proclame sa foi en la vertu d’une libération. Répondant à ceux qui critiquaient les assemblées d’Athènes d’être des lieux ou des bavards rivalisent l’éloquence, Périclès s’écrie : « Nous n’avons pas peur que la parole soit un obstacle à l’action ; ce qui en est un c’est de n’avoir pas été avant d’agir éclairé par la parole». L’exemplarité des institutions athéniennes réside également dans la fraternité entre les citoyens. Cette fraternité commande quitte à la fois la tolérance la bienveillance et la disponibilité à l’égard des autres. Et si Athènes a le souci d’aider les faibles, elle a surtout le mérite d’avoir très tôt honoré le travail manuel si déprécié par les autres. A ce propos : « Il n’est honteux à personne d’avouer qu’il est pauvre, mais la honte est de ne pas chasser la pauvreté par le travail». En dédommageant le temps consacré à la vie publique par des compensations financières, Périclès entent promouvoir la participation civique des plus humbles ceux à qui l’existence voué au travail ne laisse aucun temps libre. A l’extérieur le stratègeathénien porte la puissance maritime et coloniale d’Athènes a son apogée. Son action est si ample et si décisive qu’on en vient à personnifier le Vèmesiècle souvent désigné comme le siècle de Périclès par les historiens de l’antiquité.

2- La réalité du pouvoir chez Périclès

Lorsqu’onconsidère au prime abord le Vèmesiècleathénien dit siècle de Périclès on croit contempler la démocratiemême. En réalité le régime de Périclès consiste en un pouvoir personnel de fait qui empêche et exerce une tyrannie de droit. En effet Périclèsprocède au démantèlement de l’aéropage et fait de l’ecclésia le seul organe de décision politique. Il fait aussi disparaitre les dieux alors que ceux-ci constituaient aux yeux des citoyens grecques une finalité propre à empêcher que la majorité de l’ecclésia devienne un tyran pour la minorité. Si donc la dictature sanglante de la populace ne s’instaure pas, c’est parce que provisoirement le jeu normal des institutions est mis en sommeil au profit d’un homme Primus inter pares (premier parmi ses paires) des dix stratèges que compte la cité et qui règnent en monarque de 443 à 429. A ce propos, Thucydide dira dans son ouvrage histoire de la guerre du Péloponnèse : « le gouvernement est démocratique de nom, en réalité le pouvoir est aux mains du premier citoyen entre les mains de qui les athéniens ont abandonné, traités, armées, pouvoirs, paix, existence, enfin tout leur bonheur. D’ailleurs ne définit il pas la démocratie directe au temps de Périclès comme « le gouvernement du premier citoyen et non comme le gouvernement des citoyens ? ». La démocratie délibérative d’Athènes s’est transformée en démocratie tribunitienne ou rhéteurs et démagogues utilisent les règles de la sophistique pour emporter l’adhésion de l’assemblée populaire. Malheureusement pour Périclès la colère de près de 400 cités grecque finit par avoir raison de l’hégémonie d’Athènes, la grande république sœur dispensatrice de lumière. La mobilisation d’un tiers des citoyens sous les armes ne peut épargnerla cité des revers militaires qui vont la punir. C’est alors que Périclès chef habile pour ne pas démagogue change de ton : « Si la cité est menée personne ne peut plus être heureux alors que si l’on est malheureux dans une cité heureuse on se tire toujours d’affaire, il faut donc se battre». Maintenant que viennent les mauvaises années Périclès veut désormais s’en tenir aux lois seules. Fini le double jeu qui consistait à être en droit l’un des dits stratège mais en fait le maitre de la cité. D’ailleurs tout amer il proclame que la démocratie ce n’était pas lui mais tous les athéniens et que si les choses vont mal les athéniens doivent s’en prendre à eux-mêmes. En 429 la peste met fin à ce débat en emportant Périclès et le tiers des athéniens.

SECTION 2 : PLATON (428-347)

Un des maitres de la pensée politique occidentale, fils d’une des plus nobles familles d’Athènes (son père Ariston descendait du roi Codrus et sa mère de Solon), Aristoclès est très tôt surnommé Platon à cause de ses larges épaules de gymnase accompli. A l’âge de 20 ans il quitte son maitre Cratyle pour s’attacher à un homme qu’il vient de rencontrer et qu’il suivra pas à pas pendant 8 ans : Socrate (470-379) qu’il vénère d’ailleurs en ces termes : « Ses paroles font couler mes larmes ». Mais celui qui est souvent présenté comme le penseur le plus génial de l’antiquité souffrira toute sa vie d’avoir été écarté de la vie politique lorsqu’il se fixe auprès de son ami Archivas le tyran de la cité, Platon se laisse convaincre par celui-ci de l’excellence des idées pythagoriciennes qui lui ont permis de purger sa vie de ces contradictions internes et de l’acheminer dans la concorde entre les riches et les pauvres vers un Etat idéal. Ce pythagorisme modifié par l’expérience socratique est ce qui caractérisePlaton selon Aristote. Entre les grandes œuvres qui ont marqué la vie de Platon (« La république », « Le politique » et « Les lois »apparaissent le signe de l’évolution vers un pythagorisme moins rigoureux sans que toutefois s’infléchisse le principe fondamental de cette dialectique qui tend à découvrir l’unité intelligible par-delà de la diversité sensible.

PARAGRAPHE 1 : L’UTOPISME PLATOICIENNE

Apres avoir échoué dans ses tentatives de mettre en œuvre sa doctrine politique, Platon se réfugie dans un monde idéel, un monde qu’il di idéal.

A-LES DESILLUSIONS DE L’HOMME D’ACTION

Hanté par la théoriepythagoricienne de la connaissance, Platon ne vit que pour mettre en œuvre au plan politique son idée d’unité qu’il tient de l’influence à la fois du tyran de tarente et de Socrate. Il veut l’unité politique à tout prix sans considération de liberté et d’abord par des moyens mathématiques. Aristocrate athénien tout prédisposePlaton à la participation au gouvernement de la cité. Or il en est écarté par des circonstances hostiles. Dès lors il va entreprendre de forcer le destin en organisant 3 voyages en Sicile pour y chercher à jouer le rôle politique qu’il n’a pas pu avoir dans sa cité natale.

De 390 à 361 ses 3 voyages qui correspondent à 3 expériences politiques sont couronnés d’échec. C’est ce qui explique que l’essentiel de l’œuvre de cet homme d’action est dominé par la méditation non sans amertume dans la seule perspective d’interpréter ses expériences et dresser le programme d’une cité idéale ou lui et ses fidèles auront sans doute une place d’honneur.

B- L’UTOPISME PHILOSOPHIQUE

Pour avoir échoué dans le domaine du réelPlaton va prêcher son enseignement théorique qu’il inaugure dans les jardins de l’Académie d’Athènes avant de passer aux dangereux travaux pratiques en scissile. En effet la premièreexpérience de 390 s’était soldé par la capture du philosophe et sa vente au marché des esclaves ou il a été libéré par un riche armateur passant par-là l’a racheté et remis en liberté. Prudemment, pour l’étude des choses politique Platon fera désormais usage d’une méthode appelée « utopie ».

Dans « La république » ou dans « Les lois » ce n’est ni l’observation objective ni la connaissance historique qui guide Platon mais la réflexionphilosophiquequi guidera Platon. Toutefois ce qu’il présente dans ses œuvres n’est pas sans expérience avec son époque. Sur le plan théoriquePlaton estime que « jamais un Etat ne connaitra le bonheur si le dessin n’en a pas été tracé par les artistes qui travaillent sur le modèle divin ». Sur le plan pratique les philosophes voués à créer ou à diriger l’Etat ne vont pas s’abaisser à raccommoder ou à travailler sur quelque chose. Il faut faire disparaitre l’état ancien des choses pour permettre aux philosophes de bâtir l’état nouveau. C’est la formule de la table rase qui fait pointe à l’horizon le totalitarisme de Platon.

PRAGRAPHE 2 : LE TOTALITARISME DE PLATON ATRAVERS SON ŒUVRE POLITOQUE

L’œuvre de Platon est rédigé sous forme de dialogue dont les principales sont « La république » et « Les lois » auxquelles on peut ajouter accessoirement « le politique ». « Larépublique » date du milieu de sa vie (375) alors que « les lois » sont une œuvre de vieillesse alors inachevée à la mort de Platon.

A-« LA REPUBLIQUE »

C’est l’œuvre principale de Platon dont la première version est achevée en 375 avant Jésus Christ. L’idée de la « table rase » et la formule du « peuple de Dieu » constitue l’essentiel du plan de l’Etat ou de la cité idéale, objet de « La république » de Platon.

1- Platon contre la démocratie

Platon fustige l’immoralisme démocratique ou aristocratique car aucun de ces régimes ne le satisfait. Il ne veut point d’oligarchie parce que les oligarques sont des riches et cette formule de pouvoir est absurde aux yeux des philosophes. Mais ils ne veulent surtout pas de cette démocratie dont fut utile Socrate. PrécèdentAristote qui qualifiera la fausse démocratie de tyrannie collective,Platonécrit dans un passage fort célèbre de la république « il est à peu prèsévident que la tyrannie vienne de la démocratie ».Platon passe alors au state qu’il croit créateur cherchant la formule d’une cité idéale ordonnée à la formation du citoyen vertueux.

2- Gouverner, un devoir pour le philosophe

Platon écrit qu’il est du devoir par excellence du philosophe de rechercher comment l’appareil d’Etat au service de la sagesse peut transformer l’homme. Il rejette le système mis en place par les sophistes qu’il qualifie de mercenaires parce qu’au lieu d’éclairer le peuple ils se contentent d’étudier son comportement et d’ériger en valeur morale ses appétits. Les philosophes quant à eux doivent réaliser la purification de la cité à n’importe quel prix et l’idéal selon Platon serait que le gouvernement fut confié à l’un d’eux c’est-à-dire enfin et pour la première fois dans l’histoire à l’un des meilleurs. Platon part alors à la quête du philosophe roi ou du roi philosophe, lequel devra réaliser la cité parfaite c’est-à-dire une cité juste à la fois hiérarchisée et unifiée. C’est la « sophocratie » ou pouvoir, souveraineté du sage. Le programme du roi philosophe ou du philosophe roi sera de recréer le genre humain. Platon veut en toute chose établir le but que l’homme d’Etat veut atteindre. Selon lui, la véritable fin ne doit pas être seulement d’agrandir l’Etat, ni de le rendre plus riche ou plus puissant mais plutôt de rendre les citoyens plus heureux et moralement meilleur. La félicité est ainsi étroitement liée à la moralité. L’idéal de Platon dans la république est donc celui d’un Etat d’une cité gouvernée par les sages des philosophes roi c’est-à-dire par des hommes qui savent ce qui est bien. Ils ne peuvent en conséquenceêtre assujettis à quelque ordre que ce soit en ce qui concerne leurs ordres et leurs disciplines. Les liens qui créent la cohésion de la cité ne résultent donc pas des règlements impersonnels du droit mais d’une part des dons particuliers des gouvernants et d’autre part de l’éducation des citoyens.

Concernant l’éducation, Platondéfinit la cité idéale comme un Etat ordonné à la formation d’hommes vertueux. Les philosophes roi ou gardiens doivent donc « tracer des caractères humains qui soient agréables au dieux dans la mesure du possible ». L’éducation doit ainsi tendre à développer des sentiments élevés dont les dieux ont déposé les germes dans l’arme humaine. Elle doit faire en sorte que le citoyen se dépouille de tout sentiment égoïste et soit toujours prêt à se sacrifier pour le bien de l’Etat. Mais Platon fait remarquer que concernant les dons particuliers des gouvernants la force de celui qui gouverne n’est pas seulement sa force physique mais une force éclairée par des connaissances et des capacités particulières. Il veut que le pouvoir soit confié aux gardiens parce que ceux-ci savent quel est le bien de la cité et se sont entrainés dans l’art de gouverner.Ils peuvent donc lorsque c’est nécessaire « tromper aussi bien les ennemis que les citoyens pour le bien de la cité. Ils peuvent rependre des mensonges impliqués des inculquer des idées fausses susceptible de soulever l’enthousiasme et donc être finalement acceptés comme des vérités ». C’est la théorie platonicienne du noble mensonge qui considère qu’il y a des mensonges qui sont utiles. L’on retrouve là la rigueur du pythagoricien qu’il va mettre au service de son organisation social de la cité.

3- L’organisation sociale de la cité

De même que l’âme humaine est divisée en 3 parties, de même l’âme de la communauté des citoyens doit l’être. Et les 3 parties de l’âme sociale devraient s’accorder comme les 3 parties de l’âme individuelle afin que règne la justice. Platon considère donc que l’Etat doit être composé de 3 parties.

La première partie est formée par la classe des philosophes ou des gardiens que sont les savants, les juges et les guerriers ayant dépassés 40 ans. Cette classe qui est l’intelligence directrice est symbolisée par le métal le plus précieux, l’or.

La deuxième classe symbolisée par l’argent et le courage est celle des guerriers.

Enfin dans la troisième classe apparaissent les artisans les laboureurs et les commerçants c’est-à-dire les travailleurs manuels dont le symbole est le bronze.

La justice consiste à ce que ce que les 3 classes accomplissent chacune leurs fonctions propres. Ce qui n’empêche pas toutefois qu’il ait entre elles circulation par reclassement des enfants en fonction de leurs qualités physiques et intellectuelles. Nul doute que pour arriver à cette division de travail du type de celle de la fourmilière à cette doctrine d’Etat qui se substitue aux idées individuelles il faudra qu’ait disparu tout individualisme. Toute différence d’intérêt doit disparaitre car celle-ci est la source du pire des maux : la division de la cité.Platon a une recette : la communauté des femmes, des enfants, des maisons, des repas. Par ce moyen chacun était absorbé dans l’état qui est tout pour tous dans tous les domaines, la division sera bannie et l’on obtiendra une volonté générale sacrée.

B- « LE POLITIQUE »

« Le politique » est un dialogue entre 2 personnages politique, l’étranger et Socrate le jeune. Il est destiné aux élèves de l’Académie appelés à devenir de meilleurs dialecticiens. Platon fustige les 3 formules traditionnelles de gouvernement, la monarchie, l’aristocratie et la démocratie dont l’irrésistible et irréversible décadence fait apparaitre respectivement la tyrannie, la démocratie et l’oligarchie. Et Platon de juger que la monarchie liée par de bonnes lois écrites est le meilleur des régimes politiques mais elle est insupportable sans loi. Quant à la démocratie qui le gouvernement de la multitude elle est faible en tout. La formule politique qui transcende toutes les autres est celle du monarque-dieu. Platon devenu plus sage et plus prudent consulte discrètement le catalogue des précédents historiques pour construire son nouveau système politique. Fini la table rase, il va construire sous la forme d’un mythe un régime déjà très éprouvé, celui du roi-dieu. En se référant à l’Egypte pharaonique, Platon part du principe que le monarque dieu chargé de gouverner les hommes n’a point de constitution. Et dans son ouvrage l’étranger dit à Socrate le jeune « Ne vous apercevez vous pas que le caractère qui va distinguer les institutions, ce n’est ni « le quelques-uns » ni « le beaucoup » ni la liberté ou la contrainte ni la pauvreté ou la richesse mais le besoin de servir ». Platon proclame que le titulaire du pouvoir est donc totalement libre de choisir son mode d’exercice. Ainsi se dessine la silhouette du guide platonicien « Que le chef commande avec ou contre le gré de ses sujets, qu’il s’inspire ou non des lois écrites, qu’il soit riche ou pauvre, il faut le tenir pour chef du moment qu’il commande avec compétence ». Il assimile alors le chef au médecin qui est toujours accepté sans distinction qu’il guérisse de gré ou de force, qu’il taille ou brule, qu’il suive les règles ou s’en dispense parce qu’il le fait pour le bien du corps et assure le salut des malades qui lui sont confiés. En conséquence la droite constitution est celle qui institue des chefs doués d’un savoir d’Etat et non d’un semblant de savoir que ces chefs s’appuient sur des lois ou s’en passent, qu’il soit agrée ou seulement subit. Pour Platon donc au nom de la légitimité divine le pouvoir du souverain est indiffèrent au consentement des sujets, lui qui jadis avait défini la politique comme l’art de gouverner les hommes avec leur consentement. Dans le politique, il insiste sur l’indépendance du guide à l’égard des lois à la seule condition que le chef ait la compétence par la possession du savoir. La possession de l’art royal affranchi le chef de cette règle car un tel chef restaure l’état idéal de la domination directe des hommes par la divinité. Plus besoin de constitution lorsque règne l’esprit incarné sous la forme du philosophe roi. Ainsi si Platon ne croit plus à un peuple de dieux il peut croire désormais à un dieu parmi les hommes.

C-« LES LOIS »

Dans « Les Lois » qui commença dès 364 (avant JC), Platon apparait maintenant à la fois comme l’élève de Socrate et le maitre d’Aristote. En effet, devenu plus réaliste, il considère que s’il existe un paradis c’est au ciel et non sur la terre qu’il se trouve. Plus donc de dieu sur terre et s’il existe un seul homme supérieur jamais il ne sera confondu avec dieu qui se trouve au ciel. Ici-bas la seule condition doit êtrede trouver le régime moins mauvais. Alors Platon tempérant propose dans la «république » une forme de gouvernement mixte. Il estime en effet que les formes de gouvernement peuvent sur réduit à 2 celle a quel le pouvoir est attribuer de haut a bas monarchie et celle ou el es transmise de bas en haut démocratie. Les meilleurs s’obtiendront en mêlant ces deuxsystèmes. Dans ce gouvernement mixte, l’autoritésuprême c’est-à-dire la garde des appartiendra au sages. Renonçantà son objectif 1er la dialectique de Platon servira désormaisà classifier qu’purifier. Ainsi apparaissent des constitutions modérées qui vont se substituer au système totalitaire qu’il prônaitjusque-là. Il admet la propriétéprivée à condition qu’il n’en résulte pas une trop sensible inégalité des fortunes entre les hommes. Il reconnait aussi la difficulté d’annuler la famille mais voudrait que pour leur mariage les jeunes gens se conforment aux conseils des sages. Voici qu’au soir de sa vie et après tant d’échec, notre philosophe retrouve dans les lois le véritable dieu qu’il va d’ailleurs proclamer dans une formule « la pensée de la pensée »

C’est un secondPlaton presque réaliste qui rend cette vérité qui marque une Secure nette son œuvre politique « c’est d’homme en effet que nous parlons et non par de dieux. Du mm coup c’est la réhabilitation de la lorsqu’ilécritaucun homme ne peut être dieu sur terre et il faut s’en remettre aux lois les quel seul peuvent faire triomphe le principe selon lequel le commun domine le bien particulier…Peu importe le nom que l’on donnera au régime qui vivra ainsi selon les lois et bien pourvu de juge sévère sans lesquellesla sanction des loisserait impossible et la cité une non cité ».

La nouvelle politique de Platon semble modéré,tempéré qui fait successivement de chaque citoyen un gouvernant et un gouverner .le philo meut en 347 sans que les lois soi terminer mais une autre œuvre viendra qui a défaut de terminer en rependra l’esprit colorant une fois encore les mesures d’héritage politiquegrec. Cette œuvre est celle de son élèveAristote

SECTION 3: ARISTOTE OU LA DEMOCRATIE TEMPERE

A la différence de Platon qui était célibataire, Aristote était excellent mari un père devouer.il a été l’élève de Platon 368-347.Originaire de stagie une ancienne colonie de la trace il est le fils de Nicomaque médecin du roi de macédoine. Il sera le maitre d’Alexandre le grand et rejoindra Athènes après avoir accompli sa mission de précepteurauprès de ce dernier ils fondent le Lycéedès son retour et il accueille de nombreuxdisciples et c’est en se promenant il enseigne sa doctrine d’où le nom ‘’peripraticienne’’. Aristote se caractérise d’abord par son réalisme profond, instinctif naturel. Il dit « celui qui ne sent ne connait rien et ne comprend rien » et la sensation selon lui consiste à « absorber les formes senties sans la matière comme la cire prend la forme de la bague d’or sans l’or même ». Dans la sensation il faut donc à la différence de ce qui se passe pour la pensée que l’objet sentir existe. Aussi perçoit-on dans l’œuvre d’Aristote « l’éthique à Nicomaque » la politique et la constitution d’Athènessingulièrement dans la politique une très grande richesse fruit de la professée. De ses observations, Aristote part du postulat que l’homme est un animal politique c’est-à-dire quelqu’un de naturellement sociable. Et après avoir fait le tour des formules politiques existantes à son époque il va proposer la formule qui à son sens va permettre d’instaurer une cité heureuse une cité où il fait bon vivre pour tous les citoyens.

PARAGRAPHE 1 : LA POLITIQUE L’OUVRAGE DE REFERENCE D’ARISTOTE

La politique est un véritable traité de l’Etat à la fois descriptif et normatif. C’est une œuvre ou sont examinés les composantes de la cité et des régimes politiques dans leur structure comme dans leur évolution. La politique commence par une affirmation péremptoire « la cité n’est pas une création artificielle. Elle est de nature »

A-LA CITE CADRE NATUREL DE LA VIE HUMAINE

Comme ses prédécesseurs notamment Socrate et PlatonAristote estime que le but du gouvernement des hommes est de les rendre vertueux. Il considère que l’homme qui est fait pour le bonheur ne peut l’atteindre que s’il vit en société plus exactement en cité. L’homme est ainsi un animal social qui ne peut épanouir les dons dont la nature l’a doté que dans et par la cité. En parlant de la cité comme une finalité Aristote proclame « elle se forme pour permettre de vivre ; elle existe pour permettre de vivre bien. C’est pourquoi toute cité existe par nature comme toutes les premières communautés (familles, villages, bourgades) dont elle est la fin. L’homme est par nature un être destiné à vivre en cité ». Il explique que le premier degré de la société humaine est la famille mais la famille à elle seule ne suffit pas à développer dans l’homme toutes ses facultés. Vient ensuite le village formé de plusieurs familles avec les mêmes insuffisances. Enfin arrive l’agrégat le plus complet qu’est l’Etat ou la cité.

Réglant quelques comptes avec son défunt maitre Platon, Aristote affirme qu’on ne fait pas une cité à partir d’hommes semblables. Il condamne la communauté des femmes et les relations charnelles entre parents mais surtout cette doctrine d’Etat et cette fusion des citoyens dans l’Etat (tous pour tout) furent les obsessions du premier Platon. Cependant Aristote admet l’esclavage. Il voit en cette pratique une conséquence de l’inégalité naturelle qui existe entre les hommes dont quelques-unspossèdent juste assez d’intelligence pour se laisser guider par l’intelligence des autres. Le satiristedéfinit les relations du maitre et de l’esclave comme des relations du maitre avec les choses matériellesnécessaires à la vie de la maison. Les esclaves ne sont donc rien d’autres que « des objets de propriété animée ». Il distingue alors les esclaves par nature c’est-à-dire ceux qui sont prédisposés aux travaux manuels du fait de leur capacité intellectuelle précaire des esclaves par convention qui ont été vaincus à la guerre et capturés. Mais pour les uns comme pour les autres, Aristote recommande au maitre d’en faire bon usage car l’esclave doit être considéré comme le prolongement du maitre.

B- LA CITE IDEALE OU CITE HEUREUSE D’ARISTOTE

La cité idéale d’Aristote n’est ni un Etat militaire ni un Etat mercantile mais un cadre de vie qui subordonne les nécessités naturelles aux besoins spirituels. Pour y arriver, la cité doit être d’abord réduite et autarcique. Nous appelons cité la collectivité des citoyens qui se définissent par la participation au pouvoir et sont réunis en nombre suffisant pour vivre enautarcie. La grande cité est celle qui peut être embrassée simplement d’un seul œil, aussi le nombre de citoyens doit êtreréduit de peur que les étrangers et les metheques n’usurpent sans paye les droits des citoyens échappant facilement à l’attention. Tous les habitants libres de la cité ne doivent pas non plus jouir de tous les droits. Sont à exclure en même temps que les metheques les artisans et les petits commerçants qui du fait de leur insuffisance d’éducation sont incompétents pour traiter des affaires publiques. De plus puisqu’ils sont attachés à leur petit intérêt ils ne sauraient apporter à l’Etat le désintéressementqui est nécessaire pour bien gouverner.

Qui donc a droit à l’appellation de citoyen ?

La réponsed’Aristote est la suivante « le citoyen n’est pas citoyen du seul fait d’habiter un territoire…Ne sont pas non plus citoyens ceux qui participent au seul droit politique leur permettant de jouer le rôle de demandeur ou de défendeur dans les procès. Un citoyen au sens absolu ne se définit par un autre caractère plus adéquat aux fonctions judiciaires et publiques ». Adversaire farouche de la limitation de la propriété et des séditions, Aristote trouve étrange que Platon n’impose aucune limitation à l’appropriation des enfants. Or c’est celle-ci qu’on devrait limiter et non la propriété car « il faut adapter la procréationà la propriété faute de quoi on aboutit inévitablement à la misère des citoyens. Or la misère engendre la sédition. » La propriété privée est le meilleur moyen d’obtenir que l’homme et produise si et seulement si elle donne profit aux individus elle profite également à la propriété puisque lorsque tous les citoyens sont abondamment produits des choses nécessaires à la vie la cité aussi se trouve riche du même coup. Mais nous montrant une fois encore son réalisme Aristote reconnait que la propriété privée n’est pas toujours susceptible d’être divisé en part égale. La cité heureuse est enfin selon notre philosophe celle du « juste milieu » éthique et politique. Pour Aristote il faut de bons citoyens pour que la cité soit bonne et non l’inverse. La tâche du gouvernement sera donc d’éduquer les citoyens à agir de manière droite pour qu’enfin de compte le citoyen soit un homme à la fois courageux et modéré pratiquant la justice et observant l’équité.

PARAGRAPHE 2 : ARISTOTE, CREATEUR DU DROIT CONSTITUTIONNEL COMPARE

De son vaste recueil de Constitutions (environ 158 textes), un seul fragment a pu être récupéré qui a trait à la constitution d’Athènes. Néanmoins, ce fragment est d’un intérêt indicible, puisque son plan est celui dont s’inspirent encore de nos jours des études constitutionnelles. Après avoir fait de l’histoire constitutionnelle dans une première partie, Aristote étudie dans une deuxième partie les institutions d’Athènes en les examinant dans leurs structures et dans leurs fondements. Aussi, n’est-il pas exagéré de voir en l’auteur le premier auteur de droit constitutionnel ? Il n’a pas rêvé les formes politiques comme Platon, mais a constaté, observé avec méthode pour ensuite les classer et les comparer. Selon lui, « une Constitution est une organisation des pouvoirs dans la Cité fixant leurs modes de répartition, la nature du pouvoir souverain dans l’Etat et porte à chaque communauté ». Les lois au contraire sont les dispositions selon lesquelles les magistrats doivent gouverner et se garder des transgressions éventuelles. Dans la Politique, Aristote critique d’abord des Constitutions existantes et propose ensuite celle qui lui parait être la droite constitution, c’est-à-dire la meilleure.

A-LA CRITIQUE DES CONSTITUTIONS EXISTANTES

Aristote critique non sans ironie certaines constitutions existantes à son époque. Ainsi, dit-il, en Crête le système d’élection des magistrats était fondé sur la quantité d’applaudissement qui suivaient l’appel de chaque nom. A Spartes, pour être éligible pour charges publiques, il fallait participer aux banquets publics très couteux et non accessible à tous. Comparant la démocratie de Solon à celle de Périclès, il qualifie la première de « vraie démocratie » et la seconde de « fausse démocratie ». Solon a aboli une oligarchie trop absolue et affranchi le peuple de la servitude en pratiquant un « heureux mélange constitutionnel ». Ce mélange consiste en ceci : le conseil de l’aréopage était oligarchique ; l’élection des magistrats, aristocratique et l’élection des tribunaux, démocratique. Or, sous Périclès, c’était un régime aux mains des démagogues, sans Constitution ; car, là ou ne règne pas les lois, il n’existe pas de constitution. C’est la forme collective de la Tyrannie. Dès lors, la démocratie de Solon, tempérée, modérée est la formule politique la plus acceptable en tant qu’elle implique « le règne de la loi qui est la raison libérée du désir, tandis que le règne d’un homme est inséparable du désir et de la passion qui bouleversent même les meilleurs des hommes ». En effet, ou-bien la loi, Dieu et l’esprit règnent ensemble ; ou-bien, comme c’est le cas dans la tyrannie collective, ils sont détruits ensemble. Exigé que règne la loi, c’est exigé que Dieu et l’esprit règnent seuls ; exigé au contraire le règne d’un homme, c’est ajouter aussi celui du maitre. Après avoir rejeté la démocratie de Périclès, Aristote écarte aussi la monarchie, même si le roi se distingue du tyran en ce qu’il vise non pas son intérêt mais celui de ses sujets. Quelle Constitution va donc choisir notre philosophe qui rejette au nom de l’utilité commune ou intérêt général des Constitutions Démocratique, Aristocratique et monarchique, et les formes qui en sont dérivées ?

B-LA POLITY

Aristote dit qu’il y a plusieurs types de Sociétés politiques et donc nécessairement autant de Constitutions, c’est-à-dire de façon de régler l’ordre des magistratures. Néanmoins, il ramène les divers gouvernements à deux formes principales : le gouvernement populaire (démocratie) et le gouvernement Oligarchique ; la meilleure formule étant celle du mélange de ces deux formes. Les autres sont alors des déviations. Pour Aristote, la justice et l’intérêt général qui sont les finalités de la société exigent une bonne Constitution « une constitution aux mélanges parfaits, ou l’on pourra avoir à la fois les deux régimes et chacun d’eux (…) la Policy est en fait un mélange d’oligarchie et de démocratie (…) oui, le mélange est bon ; on a cette impression avec le juste milieu ». Le mot est lâché. C’est le concept Solonien de juste milieu qui apparait désormais comme le thème centrale de la pensée politique d’Aristote. Dans une Cité, le juste milieu qui est d’ailleurs à la fois vertu et bonheur est incarné par les citoyens qui forment la classe moyenne, située entre les gens très riches et les personnes très pauvres. Pour cette classe moyenne, obéir à la raison est très facile. C’est l’inverse lorsqu’il existe excès de force, de richesse, de noblesse ou à contrario excès de pauvreté, de faiblesse ou de grande indignité. Selon Aristote, sans les classes moyennes qui se forment d’une Cité non d’hommes libres mais d’esclaves et de maitres, les uns pleins d’envie ; les autres, de mépris, sentiment éloigné de l’amitié. En somme, la constitution du juste milieu, la meilleure est celle d’une Cité où il existe une classe moyenne nombreuse par nature respectueuse des lois dont les membres unis les uns aux autres par l’amitié se succèdent dans les rôles de gouvernés et de gouvernants tout en animant ce bon ordre par la loi. La formule politique la plus proche du juste milieu doit toujours être considérée comme la meilleure et celle qui en est la plus éloignée, comme la moins bonne. Dans cette constitution chère à Aristote, 3 pouvoirs existent qui impliquent les 3 sortes de décisions qui consistent à faire la loi, à commander en exécution des lois et à juger en application des lois. Voici donc qu’apparaissent, près de XX Siècles avant Montesquieu, les pouvoirs Législatif, Exécutif et Judiciaire attribués à des organes différents. Il se dessine du même coup le principe de la séparation des Pouvoirs. « Il existe dans toutes les Constitutions 3 éléments, l’une des trois parties est celle qui délibère sur des affaires communes, la seconde qui a pour objet le Pouvoir de Commander et la troisième, celle qui rend la Justice ». La pensée Aristotélicienne est l’une des expressions les plus achevées du développement de la raison antique. Elle témoigne de l’intérêt croissant porté par les philosophes à la vie humaine dans la Cité. Par la suite, aucun penseur Grec ne parviendra à imposer une réflexion politique aussi aboutie sur les Idées de Justice et d’Egalité sur la forme des Constitutions ou sur le rôle de la loi. Mais, Aristote a-t-il résolu le problème de l’élite chère à ses maitres Socrate et Platon par sa Constitution du juste milieu ? la réponse ne parait pas évidente de prime abord, et la citation qui suit semble traduire le souci de protéger cette indispensable Elite du cœur et de l’esprit que constituent les philosophes « s’il existe dans la Cité un ou des individus dont l’éminente supériorité de vertu soit-elle que ni la vertu ni la compétence politique de tous les autres ne puissent se comparer aux leurs … de tels hommes ne doivent pas être traités comme de simples fractions de la Cité, d’où la législation qui concerne le commun des mortels ne vaut pas pour ces êtres supérieurs : « Ils sont eux-mêmes la loi, comme un Dieu parmi les hommes. » et oui, on retrouve ici l’influence Socratique et Platonicienne de la loi de l’élite, Socrate ayant été le premier à affirmer le droit de l’élite à être sa propre loi. Il se définissait lui-même comme un homme « pro-set », c’est-à-dire à soi.Le testament politique de la Grèce est pour l’essentiel celui que laisse Aristote. Ce sont les thèmes du pluralisme, du juste milieu et celui de la protection de l’élite qu’il laisse à la postérité. Il faut cependant retenir que si Aristote insiste sur le caractère extraordinaire de ces hommes, il ne croit guère à leur existence. En réalité, il n’en admet que la possibilité et en tire toutes les conséquences logiques. Tout au long du IIIème siècle Avant Jésus-Christ, l’ensemble des Cités Grecques amorcent un long déclin politique et militaire. A Athènes, les institutions publiques se dégradent rapidement. L’influence des démagogues, les changements fréquents de lois et l’exclusion fréquente des pauvres de toutes activités publiques contribuent au renforcement des tensions et le déclin de l’esprit civique. Sur le plan international, les Cités apparaissent de moins en moins comme des unités sociopolitiques viables dans un contexte marqué par le développement de l’économie monétaire et les rivalités militaires. L’extension de la puissance Macédonienne avec Alexandre Le Grand à toute la Grèce fait rapidement disparaitre le monde des Cités et contribue au rétablissement de grandes monarchies. Son démembrement transforme la Grèce en province de l’empire Romain. Rome devient alors le centre politique et militaire du bassin méditerranéen.

CHAPITRE 2 : L’ORDRE ROMAIN ET LA PENSEE POLITIQUE CHRETIENNE

Sujet : La théorie de l’Elite dans la Grèce antique

Dans l’ordre chronologique de l’apparition des grands courants de pensée constitutifs de la civilisation occidentale, c’est Rome avec tout ce qu’elle a de spécifique qui fait son entrée sur la scène de l’histoire après la Grèce. Sa contribution va consister sous son aspect positif dans l’installation d’une vaste puissance temporelle qui s’étendra peu à peu à tout le bassin de cette méditerranée dont on a mainte fois signalé la fonction civilisatrice. Mais cette puissance ne peut être acquise que par les vertus propres, d’un génie essentiellement réaliste. Elle ne peut être solidement assise que par la généralisationd’un ordre juridique qui après avoir assuré la discipline intérieure lui a permis d’exercer en souveraine son rôle de tutrice et d’organisatrice des pays conquis de l’empire. La puissance temporelle de Rome a reçu en héritage la pensée grecque ; elle l’a déformé parfois en âme et voulue, la finesse et la profondeur mais l’a transmise aux générations futures. Si d’autres que Rome ont pu comprendre par la suite le message de la Grèce, c’est que les romains en ont été pour une grande part des agents de transmissions. Cette puissance temporelle prépare aussi le christianisme et cela de deux façons ; d’une part les légions romaines à la conquête du monde ont préparé sans le savoir le lit des valeurs chrétiennes qui chemineront le long des voies romaines et qui se diffuseront à la mesure de l’empire ; d’autre part l’église catholique empruntera largement à l’ordre romain le caractère essentiellement juridique de son organisation par sa puissance et son ordre. Par sa situation historique et les valeurs helléniques qu’elle reçoit et les valeurs chrétiennes qu’elle prépare, l’homme a fourni le support temporel des deux grands facteurs spirituels de la civilisation occidentale.

SECTION 1 : L’INFLUENCE DES IDEESGRECQUES SUR LE MONDE ROMAIN

C’est au milieu du IIIème siècle avant Jésus Christ que la république romaine apparait constituée sous les traits qui l’immortaliseront. Pourvu que ses institutions politiques dont certaines lui serviront jusqu’à la fin du principat, le régime politique qui gouvernera Rome est de fait une monarchie absolue. On retrouve à Rome les traits distinctifs de l’Etat-Cité à la mode grecque notamment la prédominance politique de l’agglomération urbaine sur la campagne. A partir du Vèmesiècle, en même temps qu’est aboli la royauté on assiste à une évolution de Rome vers un destin de ville universelle en ce que la Pleme formée de populations conquises d’immigrés est incorporée à la cité…Des lors la lutte politique à Rome opposera les plébéiens et patriciens ; c’est la période de la république romaine qui va de 529 à 27. L’empire romain lui succèdera de 27 à467 avant Jésus Christ. Apres les œuvres admirables de Platonet d’Aristote, on ne peut qu’être frappé par le peu d’éclat des conceptions politiques reçues chez les romains, à tel enseigne qu’il n’est pas exagéré de penser d’une pensée politique hétéronome.

PARAGRAPHE 1 : L’HETERONOMIE DE LA PENSEE POLITIQUE ROMAINE

Si l’on compare la richesse des œuvres politiques latines avec celle des maitres de la Grèce, le constat auquel on aboutit est généralement assez sévère. Elles ne font que développer et adapter aux institutions romaines l’ensemble des interrogations posées par les grecs sur la citoyenneté, sur la classification des constitutions, la recherche du meilleur régime, la conformité des actes humains aux lois de la nature, le rôle de la philosophie en politique…Rome puise ainsi largement dans les valeurs morales et politiques de la Grèce au point que les historiens parlent de civilisation « gréco-romaine » pour évoquer la nouvelle culture qui s’étend alors à l’ensemble des régions de la méditerranée. Cette faiblesse de la pensée politique romaine que certains auteurs n’hésitent pas à qualifier d’indigente tient d’une part à l’ondoyant opportunisme du génie politique grec.

A-LA PREDILECTION DU GENIE ROMAIN POUR L’ACTION ET LE DROIT

L’esprit romain est avant tout pratique. La Grèce antique regorgeait d’hommes d’Etat, de juristes consultes, de soldats tous aguerris à l’épreuve des faits et préoccuper de faire davantage d’évènements que de s’adonner à une savante élaboration théorique. L’action chez les romains c’est de faire la guerre, administrer et chercher à se faire de l’argent. Cette action là est le principe premier de la vie du romain qui répugne à faire de la réflexionsystématique. Rome n’a pu se former et prospérer que par la constante fermeté d’une race virile s’imposant de vivre avec un sens aigu des réalités auxquelles l’action doit s’adapter. Là la source des obligations civiques et militaires qui donneront à la cité sa vitalité, sa stabilité et la puissance. Seuls les vaincus, disent les romains, sont voués à l’inaction et peuvent remplir leurs heures creuses d’interminables et subtiles discussions. C’est une aberration deconsacrer sa vie à de veines recherches comme si l’on devait vivre après sa mort et n’est point pitié de voir des hommes pleins d’intelligence vieilli auprès de leur maitre comme de perpétuellesaumôniers ; la spéculation désintéressée n’est qu’un manque d’énergie.

Socrate un babillard et Isocrate un inutile. Le peuple romain quant à lui est une armée par laquelle l’attention du chef est toujours tendue vers le salut de tous et la gloire de la cité ; le monde ne demande pas à être connu pour lui-même mais seulement à être utilisé. Les idées politiques romaines sont donc fortement empreintes de ce réalisme instinctif.

B- L’ONDOYANT OPPORTUNISME DU GENIE POLITIQUE GREC

Au IIèmesiècle avant Jésus Christ, à la suite de grande conquête ou le génie romain donne toute sa mesure, Rome devient le centre du monde méditerranéen ; les lacunes des nouveaux maitres en matière d’idéegénérale dans le domaine de la philosophie, la morale, les arts et la littérature seront comblée par l’affut d’une foule d’écrivains, de savants et de professeurs grecs. En 156 avant Jésus Christ, la Grèce, sans être encore une province romaine était cependant sous l’autorité de Rome. C’est ainsi que cette année le sénat romain condamna la ville d’Athènes à payer 500 talents ; pour demander remise ou aboutissement de cette peine, les athéniens envoyaient à Rome une délégation de trois philosophes : l’académicienCarnéade, le péripatéticien Christo Laos et le stoïcienDiogène de Babylone. Ces trois philosophes profitaient de leur séjour à Rome pour donner des conférences qui attiraient l’Elite et la jeunesse avide d’écriture. C’est ainsi que l’influence de la littérature hellénique (grecque) est venue apporter un tempérament au fameux réalisme romain, réputéréfractaire à la réflexionphilosophique systématique. Mais il faudra vaincre d’abord la résistance des grandes familles romaines défendant les vertus collectives de Rome. Le plus virulentde ces nationalistes romains, Caton l’ancien(234-149) fait même preuve patriotisme primaire en s’opposant à toute influence des idées grecques au nom des vertus de la race romaine. Nos trois philosophes recommandaient donc au sénat de connaitre plutôt de leur affaire et d’en décider afin d’y retourner dans leur école pour y instruire les enfants grecs et que les jeunes romains continuent d’obéir comme autrefois aux magistrats et aux rois ; mais c’était sans compter avec l’ondoyant opportunité du génie grec, il était écrit que la primauté de Rome des conquérants romains participera d’un travail prudent mais indispensable d’amalgame idéologique ou l’influence des grecs jouera un rôleconsidérable.

PARAGRAPHE 2 : LE REGIME MIXTE A TRAVERS LES ŒUVRES DE POLYBE ET CICERON

Au IIèmesiècle avant Jésus Christ, la formule politique en vigueur à Rome n’est que le reflet de la tradition politique grecque à savoir le régime mixte ou « la Policy » (mélange de démocratie et d’oligarchie d’Aristote).

C’est incontestablement le siècle d’or de la politique romaine ou l’on relève, faits rares, une coïncidence entre l’égalité et la légitimité, en ce sens que la plèbe et la noblesse (patriciat), le Sénat et les assemblées populaires dont les forces sont parvenus à s’équilibrer, proclame d’une même voix le partage du pouvoir entre patricienne et plébéienne. Polybe, grec conquit et romanisé et Cicéron, un grand orateur romain fortement influencé par la Grèce, dont hellénisée, Polybe et Cicéron sont donc les vrais représentants de la pensée politique romaine. En réalité, les agents……….

A-POLYBE ET LA PENSEE POLITIQUE ROMAINE

Polype est né entre 205 et 200 et est mort entre 125 et 120 avant J.C.

Pour ce qui est de l’histoire politique romaine nul ne la connait mieux que ce grec. En pleine maturité de ses talents politiques et militaires, il arrive à Rome à 40 ans comme otage après une défaite devant l’armée romaine.

Dès son arrivée, il est traité en ami par son vainqueur Scipion Emilien, qu’il suivra dans ses voyages et notamment dans sa campagne victorieuse jusqu’à quartage en 146 avant JC. Il ne repartira de Rome que 18 ans plus tard pour des voyages toujours brefs en Grèce.

Ses « Histoires » constituent une grande presse de la période hellénistique et romaine. Mais son œuvre « histoire universelle » un véritable guide pour les hommes d’Etat. L’auteur lui-même écrit à propos de son œuvre : « l’initiation la plus complète à l’art du gouvernement c’est l’histoire». Qu’il s’agisse de la classification traditionnelle des régimes(monarchie, aristocratie, démocratie) de la formule du régime mixte que du but de la politique ordonnée par la justice, la sagesse et la vertu, les vues de polype sont marquées par l’influence de Scipion. Cette Rome de la fin du IIème siècle qui s’offre à son observation est un type de régime mixte qu’il qualifie de digne de considération. On y trouve en effet les trois formules traditionnelles de régimes politiques. Les pouvoirs des consuls font penser à une monarchie, ceux du Sénat à une aristocratie, tandis qu’à regarder les gaullistes (assemblées populaires), le régime romain est démocratique.

Polybe écrit : « les 3 formes de gouvernement se trouvaient amalgamées dans la constitution et la part de chacun était combiné que personne même parmi les romains n’aurait pu déclarer si c’était une aristocratie, une monarchie ou une démocratie. Sous le regard scrutateur des dieux de la cité règne un équilibre entre les forces, noblesse et peuple, dont aucune sauf accident, ne peut se passer du concours de l’autre et accaparer à elle seule le pouvoir »

Le grand mérite du régime mixte selon Polybe est de résister à l’évolution fatale qui conduit à la ruine des régimes traditionnels. En effet Polybe affirme que toute constitution si bonne soit elle aura tendance à dégénérer, à périr car elle a naturellement en soit son principe de bord. De la suit la thèse de cycle des constitutions, les régimes passants de forme à une autre, pour finalement retrouver leur forme première. Or, pour le régime mixte la combinaison équilibrée des institutions permet à la république de durer.

B- SICERON ET LA FIN DE LA REPUBLIQUE (106-43 AVANT JC)

Cet avocat qui passait pour le plus grand orateur et l’un des hommes les plus représentatifs du génie romain fut un politicien très controversé. En effet, certains considèrent qu’il fut un politicien parvenu qui ne se refusa à aucune compromission dans cette Rome toute pourrie de scandales financiers, pour briguer et revêtir des dignités.

D’autres par contre disent que parvenus aux plus hautes fonctions (le consulat), il était admiré par ses contemporains.

Profondément humaniste, il apporta une place essentielle à la morale et sa réflexion fut l’une des plus belles expressions de l’esprit critique et de l’universalité qui dominait les débats politiques sous la république. Dans tous les cas l’essentiel de l’œuvre de Cicéron est constitué par la république, un dialogue de 6 livres dont le sujet est l’étude de l’Etat et « Les lois » (de légithus). Ainsi, après avoir étudié l’Etat dans la république, l’auteur examine les lois qui lui conviennent le mieux.

Comme on le voit, tous les 2 titres sont empruntés à Platon, de même que la forme du dialogue qui est employé dans son œuvre.

Dans un accès de modestie, qui parait inattendu pour certains venant de lui, Cicéron affirme que rien n’est original et que tout est grec dans la république. Puis l’auteur convient à son véritable titre à enseigner la politique : « quant à moi, il m’a été donné à la fois d’accomplir au gouvernement des actes dignes de devoir et d’acquérir, non seulement par la pratique mais aussi par l’étude adoptive et le soin apporté au discours, quelques compétences à l’égard des principes de la politique »

a- La république

Dans la république, pas de théorie, pas d’Etat idéal contrairement à Platon. Cicéronconsidère que l’Etat est constitué non par le génie d’un seul homme mais par une sorte de génie commun à beaucoup de citoyens. Il n’y a jamais eu de génie si vaste et tous les géniesréunis ne peuvent en un seul moment pourvoir à tout, embrasser toutes les éventualités, sans avoir recours à l’expérience et au temps. Cicéron entreprend alors de définir les concepts.

1- Quel est le but de la république ?

Dans une réponsearistotélicienne, ilrépond qu’il s’agit de créer « une société de citoyens menant une vie heureuse et belle car c’est la fin essentielle d’un groupement humain, c’est le but auquel doit tendre la république ». En affirmant que la conduite des affaires publique met en œuvre la plus belle fonction de la sagesse, le plus noble objet de la vertu, Cicéron a une conception morale de la politique, surtout lorsqu’il ajoute que la bonne politique est l’œuvre des hommes de bien.

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