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COURS DE POLITIQUE ECONOMIQUE

NB- CE COURS EST UNE PRISE DE NOTE. CE N'EST DONC PAS UN COURS OFFICIEL. A CET EFFET, IL PEUT CONTENIR CERTAINES ERREURS, AUSSI BIEN DANS LE FOND QUE SUR LA FORME. PAR AILLEURS, IL PEUT NE PAS ÊTRE COMPLET. MERCI D'EN TENIR COMPTE DANS VOTRE LECTURE. POUR PLUS DE COURS SUR NOTRE SITE, VOUS POUVEZ CLIQUER SUR CE LIENhttps://www.exacademie.com/coursdedroit


Chapitre I : Les fondements de l’intervention de l’Etat dans l’économie

Introduction

La régulation par les marchés ne peut être efficace que si le jeu concurrentiel s’exerce véritablement. A travers le paradoxe de la concurrence, les économistes notamment Schumpeter ont montré que les mécanismes du marché tendaient à faire disparaitre le jeu concurrentiel.

Le paradoxe de la concurrence peut se résumer par la formule suivante : « Que le meilleur gagne ».

En effet le jeu concurrentiel est assimilable à une compétition dans laquelle un certain nombre d’entreprise, par leur plus grande efficacité, vont en éliminer d’autres moins performantes.

En final, ce processus aboutirait à l’apparition d’un monopole. Les phénomènes de fusion et de concentration observés ces dernières années sembleraient confirmer cette imperfection des marchés.

L’Etat doit alors intervenir pour règlement cette défaillance du marché.

En 1959 Richard MUSGRAVEa élaboré une typologie des fondements de l’intervention des pouvoirs publics dans une économie de marché.

Il définit trois fonctions principales assurées par l’Etat chacune étant liée à une défaillance du marché.

Il s’agit

- D’une fonction d’allocation des ressources consistant à modifier l’allocation des ressources issues des mécanismes de marché lorsque cette allocation s’avère préjudiciable à l’économie.

- D’une fonction de redistribution consistant à corriger la répartition des revenus jugés trop inégalitaires et/ou injustes

- D’une fonction de stabilisation dont le but est de maitriser la fluctuation conjoncturelle de l’activité, inhérentes à l’économie de marchés.

I- La fonction d’allocation des ressources

L’efficacité économique consiste à utiliser l’ensemble des ressources disponibles de façon à en tirer le maximum de satisfaction pour les individus.

Généralement la théorie économique retient le critère d’efficacité proposé par Pareto en 1906.

Pendant longtemps, sous l’influence de la pensée classique, le rôle de l’Etat devait se limiter aux fonctions régaliennes.

Cependant l’idée que l’Etat puisse intervenir dans l’économie en se substituant aux mécanismes du marché s’est progressivement développé pour s’imposer dans la seconde moitié du XIXème siècle à cause des défaillances de l’économie du marché.

Ainsi l’intervention de l’Etat réside dans l’existence des services collectifs purs dont la nature peut dissuader l’initiative privée. C’est pour préciser cette nature des services collectifs purs que la notion d’indivisibilité a été forgée. On pourrait aussi noter qu’à cause de l’existence d’effets externes ou d’externalités, les échanges libres entre individus ne permettent pas d’assurer une allocation optimale des ressources au sens de Pareto.

L’allocation des ressources est optimale au sens de Pareto lorsqu’il n’est pas possible d’améliorer la satisfaction d’un individu sans pour autant détériorer la satisfaction d’au moins un autre.

Qu’est ce que la notion d’indivisible ?

Suivant le principe d’indivisibilité, les biens qui ne sont pas divisibles appelleront pour leur production l’intervention de l’Etat.

Notons qu’on peut distinguer l’indivisibilité d’offre et l’indivisibilité d’usage.

Qu’est ce que la notion d’externalité ?

C’est A. Alfred à Marshall que nous devons la notion d’effet externe ou d’externalité.

L’externalité désigne toute situation dans laquelle les activités de consommation ou de production d’un ou de plusieurs agents économiques ont un impact sur les activités de consommation ou de production d’un ou de plusieurs autres agents économiques sans qu’aucune compensation monétaire ne soit possible entre ces différents agents sur le marché.

Prenons l’exemple d’une brasserie installée dans une agglomération. Cette usine rejette dans la nature des déchets toxiques (eaux usées, gaz, fumées, etc.). Elle dégrade ainsi l’environnement sans pour autant payer une compensation à la population environnante. On dit que cette usine produit des effets externes. C’est un cas d’externalité négative. Mais cette usine parce que installée dans la ville crée des opportunités d’emplois ou des activités économiques connexes à la population de la localité. C’est un cas d’externalité positive.

En conclusion à cause de l’existence des défaillances du marché l’Etat intervient dans l’économie pour produire certains biens.

II- La fonction de redistribution des revenus

La fonction de redistribution qu’exerce l’Etat a pour objet de corriger la répartition des revenus issus du fonctionnement de l’économie de marché. Dans certains cas des agents économiques peuvent être dépourvus de revenus ou percevoir un revenu d’un niveau trop faible pour des raisons qui leurs sont exogènes.

Par exemple, dans une situation de catastrophes naturelles (inondations, sécheresses, séismes etc.) certains agriculteurs peuvent voir leur revenu réduit à néant à cause de la destruction de leurs récoltes. Il revient alors à l’Etat ou à la collectivité publique d’intervenir au nom de la solidarité nationale pour attribuer des allocations compensatrices à ces agriculteurs. Ces allocations sont financées par des prélèvements fiscaux sur les autres agents économiques.

III- La fonction de stabilisation

Les politiques de stabilisation tentent de réguler l’évolution des variables macroéconomique de façon à éviter ou à limiter les principaux déséquilibres susceptibles d’affecter l’économie nationale. La fonction de stabilisation (maitrise des fluctuations économiques) attribuée à l’Etat est largement fondée sur les travaux de John M. Keynes (1883-1946)

[ BIOGRAPHIE : auteur de l’ouvrage intitulé “théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie publié en 1936“.Il s’agit d’un ouvrage fondamental car il marque le point de départ d’une culture (abandon du laisser-faire).

Premier économiste de son temps, haut fonctionnaire ayant participé aux grands rendez vous de l’histoire mondiale JMK est également en désaccord avec ses contemporains (Von Hayek) sur le plan de la politique économique.

En effet il explique que pour sortir de la crise de 1929 on ne peut recourir à la flexibilisation des salaires sur le marché de l’emploi.

Aussi le plein emploi ne peut être automatiquement atteint par le seul jeu du marché. Ce qui nécessite l’intervention de l’Etat.]

Au cours des années 30, Keynes montre que l’économie de marché peut conduire à un équilibre de sous-emplois : l’égalité entre l’offre globale et la demande globale du produit, du bien peut s’accompagner d’un chômage involontaire du fait du niveau insuffisant de la demande anticipée par les chefs d’entreprises dont les plans de production et d’embauche sont alors revues à la baisse.

IV- Les principaux moyens d’action de l’Etat

Les moyens d’action de l’Etat sont de deux ordres :

- la protection sociale

- le budget de l’Etat

La protection sociale s’explique par des raisons économiques mais elle s’inscrit aussi dans une logique de justic e sociale.

La protection sociale s’inscrit dans une logique de redistribution horizontale (des actifs vers les retraités par exemple) afin de mettre en œuvre la solidarité sociale.

Le budget de l’Etat est un document comptable dans lequel est retracée la provision de l’ensemble des recettes et des dépenses de l’Etat sur une période de temps donnée, en général l’année.

Chapitre II : Les fondements de la politique économique

Introduction

Les décisions de politique économique font désormais partir des signaux quotidiens à destination des citoyens car des politiques fondant un cadre macroéconomique stable sont indispensables pour assurer la croissance durable et faire reculer la pauvreté.

La finalité de toute politique économique est de poursuivre un certain nombre d’objectifs à l’aide de divers instruments.

Fortement contestée, après l’échec, les politiques de relance Keynésienne à mettre fin à la crise, et le revirement libéral des années 80les politiques économiques n’ont toutefois jamais été négligées ni par les gouvernements, ni dans les débats publics.

Dans ces conditions il convient tout d’abord ce qu’on entend concrètement par politique économique pour montrer en ensuite que conduire une politique économique consiste à faire des choix dans un univers de contraintes.

Les principales questions auxquelles nous allons répondre dans ce chapitre sont les suivantes :

· qu’est ce qu’une politique économique

· pourquoi une politique économique

· quels sont les instruments à la disposition de la politique économique

I- Définition du concept de la politique économique

1.1- Définition

La politique économique consiste en un ensemble de décisions cohérentes prises par les pouvoirs publics, et visant, à l’aide de divers instruments, à atteindre des objectifs relatifs à la situation économique d’un pays, la poursuite des objectifs pouvant être recherchée à plus ou moins longs termes.

Au sens strict, les politiques économiques correspondent à un ensemble de mesures décidées par l’Etat et destinées à améliorer les performances macroéconomiques nationales. Cette définition montre que la politique économique se place dans un cadre d’interventionnisme contraire au laisser-faire.

La politique économique recherche à longs termes un certain nombre de finalités.

On récence habituellement parmi les finalités essentielles de toute politique économique, l’amélioration de la qualité et du niveau de vie des citoyens, la réduction des inégalités, la justice sociale et la solidarité nationale.

Les objectifs ne constituent donc que des étapes conduisant vers les finalités.

Les instruments pour leur part représentent de moyens qui permettent d’atteindre les objectifs.

Toute décision de politique économique doit prendre en compte des contrainte technique temporelle politique et économique aussi, toute décision de politique économique doit tenir compte du théorème de TIBERGEN ou principe de cohérence et de la règle de MUNDELLou principe d’efficience.

Le théorème de TIBERGEN stipule que : « une politique économique à objectifs fixés doit avoir au moins d’instrument que d’objectif »

La règle de MUNDELL stipule que « une politique économique à objectifs fixés doit utiliser chaque instrument pour réaliser l’objectif au regard duquel il possède par rapport aux autres instruments un avantage comparatif. ».

Ces deux principes évoquent les conditions d’utilisation des objectifs et de choix des instruments de politique économique. Mais ils sont différents l’un et l’autre dans leur contenu.

En effet, le principe d’efficience indique pour un objectif donnée qu’il faut utiliser la notion de l’avantage comparatif pour choisir l’instrument le mieux adapté.

Par contre le principe de cohérence précise qu’on doit choisir au moins autant d’instruments que d’objectifs fixés.

En conclusion la politique économique peut être considérée comme un ensemble d’objectifs et d’instruments permettant d’atteindre ses objectifs.

1.2- Catégorisation des politiques économique

Il existe deux catégories de politiques économies : les politiques conjoncturelles et les politiques structurelles.

Les politiques économiques conjoncturelles visent à maintenir ou à rétablir les grands équilibres économiques et financiers à courts termes.

Les politiques conjoncturelles ont en général des effets quantitatifs.

La politique économique structurelle quant à elle a pour but de modifier la structure de l’économie à longs termes.

Elle revêt des aspects qualitatifs.

La distinction entre politique conjoncturelle et politique structurelle n’est pas toujours nette.

En effet certaines politiques de courts termes sont poursuivies pendant longtemps et provoque des modifications de structure.

Politique conjoncturelle

Politique structurelle

Durée

Court terme

Long terme

Objet

Maintenir l’équilibre

Modification des structures

Effet

quantitatif

Plus qualitatif

II- Les objectifs de la politique économiques

Les objectifs de la politique économique peuvent être classés en deux catégories :

- Les objectifs premiers qui correspondent au carré magique et

- Les objectifs secondaires qui sont plus spécifiques

Les principaux objectifs correspondant au carré magique sont :

1- La croissance économique

2- Le plein emploi

3- La stabilité des prix

4- L’équilibre des échanges extérieurs

Le premier objectif suppose que la croissance économique est une étape fondamentale vers les finalités de toute politique économique.

Le deuxième objectif ne concerne pas unique le facteur travail et donc l’absence de chômage. Il concerne tous les facteurs de production (travail, capital, technologie). Il signifie donc que les entreprises nationales ne sauraient produire de manière durable avec un faible taux d’utilisation de leur capacité de production.

Le troisième objectif indique que l’inflation est considérée comme un mal en ce sens qu’elle décourage les prêteurs et conduit à l’émergence de phénomène économiques ne favorisant pas l’efficacité.

Le quatrième objectif est cohérent en économie ouverte car la recherche d’un excédent indique la réalisation d’un déficit chez un partenaire commercial.

Il faut noter que ces quatre objectifs sont appelés le carré magique de KALDOKcar difficile à atteindre simultanément. Ils sont liés entre eux par des relations d’indépendance, de complémentarité ou de concurrence. L’objectif ultime de toute politique économique est la réalisation du carré magique : la stabilité des prix, le plein emploi, l’équilibre extérieur et la croissance économique. On peut représenter le carré magique à travers le taux de croissance, le taux de chômage et le taux d’inflation et le solde extérieur apporté au P.I.B.

III- Les éléments traditionnels de la politique économique*

Plusieurs éléments de politique économique sont à la disposition du pouvoir public. Le choix d’un instrument dépend entre autre du but de la politique économique des instruments disponibles, les liaisons entre les objectifs et les instruments disponibles etc.

Ici nous verrons successivement l’instrument budgétaire à travers la politique budgétaire, la politique fiscale et la politique des revenus, l’instrument monétaire (politique monétaire, politique de change)

3.1-La politique budgétaire

La politique budgétaire est le compartiment de la politique économique qui se définit par son moyen, le budget de l’Etat.

L’utilisation des dépenses et recettes publiques pour modifier l’équilibre global de l’économie constitue l’objet de la politique budgétaire.

Longtemps entendue comme le maniement du niveau de la structure de la dépense, elle y a associé de manière croissante dans le temps celui du niveau de l’impôt et de ses taux soit pour stimuler l’investissement, soit pour tenter de diminuer le montant des prélèvements obligatoires. Désormais on parlera donc de politique budgétaire et fiscale*.

3.2- La politique monétaire

La politique monétaire regroupe l’ensemble des actions visant à influencer les niveaux de l’activité et des prix par l’intermédiaire des montants et du coût de la monnaie.

Autrement dit la politique monétaire est le volet de la politique économique visant à influer sur l’évolution de la masse monétaire et des taux d’intérêt et par ce biais agir sur l’inflation du taux de change, l’emploi et la croissance.

Au niveau des objectifs de la politique monétaire, l’accent est généralement mit sur la lutte contre l’inflation. Le courant monétariste en particulier considère que la lutte contre l’inflation constitue l’objectif prioritaire de la politique économique et que le meilleur moyen de lutter contre l’inflation consiste à agir sur la création de monnaie.

3.3- La politique de change

La politique de change est le compartiment de la politique économique caractérisée par l’instrument utilisé, le taux de change de la monnaie, les pouvoirs publics pouvant jouer sur la baisse du taux de change (dévaluation ou dépréciation ou sur sa hausse.

La politique de change consiste à agir sur la formation du taux de change de la monnaie locale.

Le taux de change se définit comme le prix d’une unité de monnaie étrangère exprimé en monnaie locale (cotation à l’incertain) ou l’inverse (cotation au certain).

Dans la zone Francs, les pays membres ont organisé leur politique de change autour de quatre grands principes :

1- La convertibilité à un taux fixe

2- La liberté de transfert au sein de la zone

3- La gestion communautaire des réserves de change

4- La régulation des changes communes

Chapitre III : Les politiques d’ajustement structurel

Introduction

La crise des années 80 a remis en cause toute les stratégies de développement. Cette crise traduit la situation économique précaire de nombreux pays en développement qui n’on pu été en mesure de s’acquitter de leurs obligations extérieures et intérieures. Leurs dettes extérieures a atteint alors un volume critique par rapport a leurs capacités économiques. Les déficits des balances des opérations courantes et ceux des budgets publics et ceux des budgets publics constituent désormais un problème pour ces pays. Dans ces conditions, les pays africains au sud du Sahara sont contraints de privilégier les politiques d’ajustement par rapport aux politiques de développement.

L’approche en termes d’ajustement structurel est tout naturellement devenue dominante quand il fût impossible de nier le gaspillage des ressources lié à une politique d’investissements incontrôlé et à l’inefficacité de l’économie administré.

Le présent chapitre a pour objectif de passer en revue les différentes approches théoriques des politiques d’ajustement structurel en vue de mieux appréhender les fondements du recours au politique d’ajustement structurel dans les pays en développement. Les conséquences sociales de ces politiques seront aussi passées en revue. Enfin, les différentes politiques d’ajustement structurel mises en œuvre dans nos pays seront évoquées.

I- Les fondements théoriques orthodoxes

Les institutions internationales se réfèrent à plusieurs schémas théoriques qui constituent autant de cadre de cohérence utile pour la formulation des politiques. Les interventions des experts du FMI se fondent essentiellement sur l’approche monétaire de la balance des paiements et sur l’approche de l’absorption.

Les programmes d’ajustement de la banque mondiale font plutôt référence à des modèles à plusieurs secteurs dans lesquels les prix relatifs et le taux de change jouent un rôle important.

1.1- L’approche en termes d’absorption

L’approche de l’absorption est construit autour de la relation Keynésienne de l’équilibre général elle se fonde sur la situation d’une économie en situation de plein emploi et suppose que le déséquilibre résulted’un excès de revenu distribué. Cette approche est mise en évidence à l’aide de la théorie de l’absorption d’Alexander. Alexander part donc de l’équilibre général de Keynes.

Y (PIB) + M (Importation) = C (dépense de consommation de ménage) + I (dépense d’investissement) + G (Dépense publique) + X (exportation)(1).

Alexander posera l’absorption = A qui représente la dépense nationale ou la demande nationale.

A= C+I+G (2)

Donc Y + M= A + X ; Y – A = X - M (3)

Il pose ensuite B = X – M qui représente la balance des opérations courantes n’est rien d’autre que la demande net provenant de l’extérieur ou encore la balance des biens et services.

Donc on B = X – M = Y – A(4) donc B= Y – A ce qui donne Y = B + A(5)

Pour Alexander, le déséquilibre interne proviendra de la rupture de cette égalité. L’objectif essentiel de l’ajustement structurel selon les experts du fonds monétaire international est de réduire l’absorption (A) qui serait élevé dans les pays en développement.

Aussi pour le FMI B « 0(c'est-à-dire déficit de la balance des opérations courantes, A » Y) correspond à la situation des pays en développement. D’où la nécessité de réduire A puisque A » Y.

L’épargne intérieure est donnée par la relation S = Y-C-G (6) ce qui équivaut à Y= S +C+G(7). En intégrant l’équation 2 et 7 à l’équation 4 on obtientB =(S+C+G) – (C+I+G)ainsi B = S–I (8). Cette équation traduit une insuffisance de l’épargne intérieure pour financer les investissements internes. Cette insuffisance des ressources internes réclame une ponction sur l’épargne extérieure qui ne peut s’opérer que sur la base des accords conditionnels signés par les épargnants. Il n’est donc pas possible pour un pays de consommer et d’investir plus qu’il ne produit sauf s’il obtient de l’extérieur les ressources qui lui font défaut mais il apparait impérieux pour ce pays de réduire A (absorption = consommation interne). Les experts du FMI proposent comme solution pour la réduction de l’absorption :

1- Réduire les dépenses publiques (masse salariale, investissement public etc.)

2- réduire les engagements extérieurs

3- procéder à la dévaluation pour accroitre le produit intérieur

1.2- l’approche monétaire de la balance des paiements

L’analyse monétaire de la balance des paiements considère que la cause du déficit extérieur réside dans un excès de création monétaire interne par rapport aux besoins réels dans le pays.

Cette approche repose sur deux hypothèses de base :

- la stabilité de la fonction de demande de monnaie par rapport au revenu

- le caractère exogène de l’offre interne de monnaie

Soit Mo= l’offre de monnaie e

Md = la quantité de monnaie demandée.

Mo= variation de C + Variation de R

Avec delta C la variation des crédits intérieur et delta R la variation des réserves extérieures.

La relation d’équilibre monétaire sur le marché est donnée par Mo=Md.

Etant donnée la stabilité de la demande de monnaie et le caractère exogène de l’offre interne de monnaie, lorsque cette offre est supérieure à la demande, les agents économiques déversent ce excès de monnaie sur l’extérieur en achetant des actifs réels (biens et services) et financiers (actions, obligations etc.). Il y aura donc baisse des avoirs extérieurs ce qui entraînera un déficit extérieur.

Le déséquilibre extérieur n’est donc que le symptôme d’un mal plus profond d’origine monétaire. Pour rétablir l’équilibre, c'est-à-dire reconstituer le stock des réserves extérieures,il convient :

- soit de limiter l’offre de monnaie à travers la réduction du crédit intérieur

- soit de faire baisser la valeur de la monnaie par l’ajustement du taux de change

Il n’est pas exclut qu’une application simultanée de ces deux mesures soit nécessaire pour le rétablissement de l’équilibre de la balance des paiements.

1.3- L’approche centrée sur l’offre et les prix relatifs

L’approche de l’offre est la référence des programmes de la banque mondiale. Cette approche suppose que c’est le non respect du système des prix intérieurs tel qu’il résulterait des mécanismes de marché qui est la source principale des déséquilibres.

L’administration des prix introduirait donc des distorsions préjudiciables à l’économie. Dans ce cas la libéralisation des prix y passe par la suppression des subventions, la suppression des protections au niveau des frontières, la suppression des contrôles de commercialisation. Dans ce cas la libéralisation des prix est une condition absolue pour le retour à la croissance équilibrée.

En conclusion ces trois approches qui sont désignées sous le terme de fondements théoriques orthodoxes de réajustement prouvent qu’avec les politiques d’ajustement structurel, c’est le retour à des préoccupations libérales. Les experts du fonds monétaire international et de la banque mondiale pensent que c’est le marché qui fait défaut aux pays en développement.

Mais les pays de l’Amérique latines vont rejeter ces différentes approches d’ajustement orthodoxes et mettront en œuvre des politiques d’ajustement en se fondant sur l’analyste structuraliste qui préconise beaucoup plus des mesures interventionnistes.

II- Les contestations hétérodoxes

Certains pays en particulier en Amérique latine ont essayé de mettre en œuvre des programmes d’ajustement en dehors de l’intervention des organismes internationaux en se fondant sur des analyses théoriques différentes de l’approche orthodoxe. Leur analyse théorique est baptisé approche structuraliste.

En effet dans les années 85 et 86 l’Argentine (plan Austral), le Brésil (Plan Cruzado) et le Pérou (plan Inti) ont mis en place les programmes d’ajustement hétérodoxes. Ces programmes comportent des mesures en général beaucoup plus interventionnistes que celle des programmes réalisés avec le FMI et la banque mondiale.

Schématiquement, sept hypothèses fondent cette approche. :

1- Un pays en développement ne peut conserver sur marché mondial les gains de productivité réalisé par son appareil productif.

2- La rigidité de l’offre est le résultat de la spécialisation des économies des pays en développement et du caractère incomplet de son tissu productif

3- Les salaires sont déterminés par le rapport de force entre salariés et entrepreneur avec la médiation de l’Etat

4- L’inflation est le résultat d’une absence de consensus social sur le partage de la valeur ajoutée

5- L’épargne n’est pas réalisée sur le salaire distribué mais plutôt sur le revenu des entrepreneurs

6- Compte tenu de la nature des marchés dans les pays en développement, le niveau des prix et déterminé essentiellement par ajout d’une marge au coût au travail, en Intrant locaux et importés et les intérêts payés pour financer le fonds de roulement.

7- L’appareil productif ne peut fonctionner sans un approvisionnement important en Intrant et biens d’équipements importés

Il résulte de ce ensemble d’hypothèses que le déséquilibre interne (inflation) ou externe (déficit de la balance de paiement) n’est pas nécessairement lié à un excès de demande ou de création monétaire ou encore à un mauvais taux de change.

III- Les incidences sociales des politiques d’ajustement structurelles

Selon ses partisans l’ajustement structurel participe à l’émergence d’une nouvelle régulation économique à long terme et à l’essor de mécanisme où le marché jouerait un rôle centrale.

Cependant il est important d’admette que l’ajustement structurel commence d’abord par déréguler le régime existant de formation et de répartition des revenus.

3.1- L’impact sur la répartition des revenus

La baisse des revenus domestiques et en particulier des salaires est posé comme une condition nécessaire à la réussite de l’opération de réajustement.

Pour certains pays la baisse du revenu par tête a été désastreuse. C’est le cas du Kenya (22%), de Madagascar (60%), du Malawi (32%), de la Sierra Léone (75%) ou de la Tanzanie (74%).

A la fin des années 80, les fonctionnaires et les salariés du secteur formel ne pouvait plus faire vivre leurs familles avec les revenus tirés de ce secteur (Tanzanie, RDC, Cameroun etc.)

3.2- Les pertes en emplois formels

On estime qu’avec les programmes d’ajustement structurel, 65% des nouveaux membres de la population active sont entrés dans le secteur informel en Afrique entre 1980 et 1985 soi 6 000 000 de travailleurs supplémentaires.

En Côte d’Ivoire, la perte d’emploi Net (différence entre les emplois perdus par licenciement et fermeture d’entreprises, et nouveau emplois) entre 1979 et 1984, période de forte récession a été de 76 750 postes de travail soit 31% du total correspondant à 130 pertes net d’entreprise.

IV- Du programme d’ajustement au DSRP puis au DSCRP

Les politiques d’ajustement structurelles ont montré leur limite notamment dans la lutte contre la pauvreté et la corruption et seront remplacées dès la fin des années 1990 par les programmes de lutte contre la pauvreté qui seront désignés sous l’appellation stratégie de réduction de la pauvreté (SRP) et vont donner naissance à l’élaboration de document stratégique de réduction de pauvreté (DRSP).

Le DSRP aussi sera renforcé et remplacé un peu plus tard par le document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP).

4.1- PAS, DSRP et DSCRP : quelles différences ?

Un programme d’ajustement structurel (PAS) est un programme de reforme économique que le fonds monétaire international et la banque mondiale mettent en place pour permettre au pays touchés par de grandes difficultés économique de sortir de leur crise économique. Il s’agit d’un ensemble de dispositions dont certaines agissent sur la conjoncture, à court terme et d’autres sur la structure c'est-à-dire des effets de long termes et qui résultent d’une négociation entre un pays endetté et les institutions de Brettons Wood pour améliorer le fonctionnement économique du pays.

Cet ensemble de dispositions permettent de mettre à la disposition du pays des crédits dénommés prêts d’ajustement structurel ou prêts d’ajustement sectoriel.

Les crédits sont débloqués par tranches successives à mesure que le PAS est mis en place. L’objectif principal du PAS est d’éliminer les déséquilibres macroéconomiques et de procéder à la restructuration de l’économie dans le but d’accroitre la compétitivité externe et de favoriser une croissance soutenable à longs termes en vue de lutter contre la pauvreté.

Quel que soit leur différence, les PAS ont toujours été concentrés sur deux points :

- La réforme du secteur public et des finances publiques

- La réduction des déséquilibres budgétaire et de la balance des paiements

- La réforme du secteur bancaire

- La limitation de la flambée des prix

- La relance du secteur privé

Dans la plupart des pays les mesures de stabilisation et les reformes structurelles mises en œuvre dans le cadre des différent PAS ont permis de réaliser les performances suivante :

- Une reprise de l’activité économique marquée par l’évolution à la baisse du déficit du contre courant de la balance des paiements

- Des efforts pour juguler l’inflation

- Une réduction progressive du déficit budgétaire et enfin accroissement sensible du taux d’investissement

Malgré cette situation, les pays africains sont demeurés avec des revenus par tête faible et se retrouve ainsi par mis les pays les plus pauvres dans le monde. La pauvreté demeure donc un fléau important dans l’essentiel des pays africain au sud du Sahara.

Cette situation semble confirmer que les différentes mesures de politique appliquées ont eu des effets structurels majeurs qui n’ont pas réussi à sortir au moins dans le court terme certaines couches de la population, les plus démunies, de leurs situations de pauvreté.

Pour remédier a cette situation beaucoup d’initiative ont été prises pour parvenir d’une part à une meilleur connaissance de la pauvreté et de l’inégalité dans le temps et l’espace, entre différentes catégories socio économique et démographiques et d’autre part à une compréhension des mécanismes de transmission des politiques macroéconomiques sur les agents microéconomiques.

Il s’agissait de fournir à travers des études plus approfondis des mesures de politique susceptible d’atténuer durablement la pauvreté. Parmi ces initiatives la plus importante demeure celle de la banque mondiale et du fonds monétaire international qui ont lancé en 1999 une initiative conjointe qui place la lutte contre la pauvreté au cœur des politiques de développement.

Ainsi, tous les pays à bas revenu désireux de bénéficier d’une aide financière de la part de ces organisations ou d’un allègement de la dette dans le cadre de l’initiative PPTE(pays pauvres très endettés) sont appelés à préparer un programme de lutte contre la pauvreté désigné sous le terme de document stratégique de réduction de la pauvreté (DSRP).

Ce dernier doit dans le fond exposer

Une stratégie permettant le développement d’une économie de marché favorable aux pauvres.

L’avènement du DSRP porte la marque des recommandations des grands sommets mondiaux des années 90résumées dans les objectifs du millénaire pour le développement et traduit la volonté des autorités à relever le défit de la pauvreté. Ces recommandations visent d’ici 2015 au plus tard la réduction de moitié de la pauvreté extrême et de la faim, la généralisation de l’éducation primaire, la réduction de 2/3 de la mortalité juvénile et infanto juvénile, la réduction de ¾ de la mortalité maternelle, la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies, la réduction de moitié du défaut d’accès à l’eau potable, et à assurer la durabilité environnementale en intégrant les principes de développement durable dans les politiques nationales.

Les DRSP sont établis par les gouvernements des pays à faibles revenus selon un processus participatif dans lequel s’implique à la fois les parties prenantes au niveau national (gouvernements, collectivités locales, secteur privé et société civile) et les partenaires extérieurs du développement.

Le DSRP décrit les politiques et les programmes macroéconomiques structurels et sociaux qu’un pays mettra en œuvre pendant plusieurs années pour promouvoir la croissance et réduire la pauvreté ; il expose aussi les besoins de financement extérieurs et les sources de financement.

Le DSRP marque sa différence avec le PAS en ce sens qu’il présente une stratégie globale élaborée selon une approche participative et non un programme spécifique de lutte contre la pauvreté. Cette stratégie globale vis à créer les conditions propices à une croissance durable et d’une lutte efficace contre la pauvreté.

En outre elle prend en compte les politiques sectorielles et décentralisées. La mise en œuvre des DRSP a permit aux pays africain d’atteindre des résultats concrets en matière d’amélioration des conditions de vie mais son évaluation a aussi permis de tirer des leçons qui ont inspiré l’élaboration du document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP).

Se fondant sur les insuffisances du processus participatif noté lors de l’élaboration des DSRP, et prenant en compte les principes de la gouvernance concertée, l’élaboration du document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP) a impliqué tous les acteurs du développement. L’objectif visé par le DSCRP est d’accélérer la croissance économique et de réduire durablement la pauvreté.

Pour atteindre cet objectif cinq axes stratégiques sont retenus :

· Accélération de la croissance

· Développement des infrastructures

· Renforcement du capital humain

· Promotion de la bonne gouvernance

· Développement équilibré et durable dans l’espace national

Le DSCRP comme le DSRP a bénéficié tout au long de son élaboration d’un engagement soutenu de la société civile du secteur privé et des partenaires techniques et financiers. Il constitue le cadre de référence en matière de développement socio économique des pays et le document référentiel du dialogue entre le gouvernement et les partenaires techniques et financiers.

4.2- Conclusion

Au terme de notre développement nous pouvons conclure que le PAS, le DSRP et le DSCRP ont pour objectif d’assurer la croissance et le développement des pays pauvres.

Néanmoins le DSRP et le DSCRP présentent des avantages sur le PAS du point de vue des populations bénéficiaires.

En effet au delà des objectifs de stabilisation des agrégats macroéconomiques, ils s’intéressent aussi à la réduction de la pauvreté, à la lutte contre la corruption et tiennent compte des aspirations des différentes couches de la société.

Chapitre IV : La politique budgétaire et fiscale

Introduction

La politique budgétaire est le compartiment de la politique économique qui se définit par son moyen.

L’importance et la nature de la politique budgétaire font l’objet de controverses.

Pendant très longtemps on a considéré que l’Etat devait se comporter comme un ménage c'est-à-dire ne pas dépenser plus que ses ressources. Le déficit du budget de l’Etat était un signe de mauvaise gestion.

Ainsi pour les économistes classiques, l’équilibre du budget était indispensable pour éviter tout à la fois l’inflation, la dépréciation de la monnaie, l’endettement publique et l’expansion du rôle de l’Etat.

Les dépenses publiques devraient donc être limitées à la sécurité, la police et la justice (fonctions régaliennes de l’Etat).

Mais, depuis les années 1920 on s’est aperçut grâce aux travaux de Keynes qu’on pouvait utiliser le budget de l’Etat comme moyen d’action sur l’économie et que le déficit du budget de l’Etat permettait sous certaines conditions de relancer l’activité économique.

Pour les Keynésiens, la politique budgétaire et fiscale constitue un instrument de régulation privilégié et un déficit du budget n’est pas nécessairement néfaste.

Dans ce chapitre nous allons passer en revue les différentes formes de la politique budgétaire pour montrer l’importance du budget de l’Etat.

I- Les différentes formes de la politique budgétaire

La politique budgétaire est une politique économique qui consiste à utiliser le budget de l’Etat pour atteindre certains objectifs. On distingue la politique budgétaire libérale et la politique budgétaire interventionniste.

1.1- La politique budgétaire libérale

La politique budgétaire libérale est relative aux économistes libéraux qui prônent un minimum d’intervention de l’Etat dans l’activité économique avec pour objectif l’équilibre entre les recettes et les dépenses publiques.

Pour Adam Smith l’augmentation des dépenses publiques entraîne une baisse de la demande privée. C’est l’effet d’éviction qui est un phénomène économique conduisant l’activité du secteur public à supplanter celle du secteur privé. (L’Etat ne doit pas faire de déficit mais que des bénéfices)

1.2- La politique budgétaire interventionniste

Les Keynésien font du budget de l’Etat le levier principal et le plus efficace de la politique économique. Il justifie l’efficacité de la politique budgétaire pour atteindre l’équilibre de plein emploi par le mécanisme du multiplicateur. On leur doit à cet effet le multiplicateur des dépenses publiques et le multiplicateur fiscal.

II- Le budget de l‘Etat

La politique budgétaire s’appui sur l’élaboration du budget de l’Etat. Le solde budgétaire constitue un instrument de politique économique en ce sens qu’il agit sur l’activité économique.

En effet dans une perspective Keynésienne (mode multiplicateur) un déficit budgétaire peut permettre de relancer l’activité économique, la croissance du revenu qui en résulte va permettre en retour d’augmenter les recettes fiscales et de diminuer le déficit budgétaire.

III- Les sources de financement des déficits

Lorsque l’Etat accroit ses dépenses sans augmenter ses recettes, un déficit apparait qu’il faut financer ce déficit peut être financé de deux façons : la création monétaire et l’emprunt.

Chaque mode de financement a ses effets macroéconomiques. Il y a monétisation des déficits lorsque ceux-ci sont financés par des emprunts bancaires. Les emprunts de l’Etat auprès de la banque centrale (seigneuriage) augmente directement la base monétaire et donc l’offre de monnaie et pourrait engendrer de fortes pressions inflationnistes et des problèmes de balance des paiements.

De même les dangers d’emprunts étrangers excessifs et inappropriés sont aujourd’hui responsables des crises de l’endettement.

Face au fardeau de la dette publique, dans de nombreux pays, l’intervention de l’Etat semble voire aujourd’hui ses marges de manœuvres se réduire.

Néanmoins, aucun Etat n’a abandonné totalement sa volonté d’influencer sur le cours des évènements économique.

IV- La politique budgétaire soutenable*

On dit qu’une politique budgétaire est soutenable si elle ne conduit pas à une accumulation excessive de la dette publique c'est-à-dire à un niveau de dette qui sans changement majeur ne pourrait pas être couvert à l’avenir par des structures budgétaires.

Le financement de la dette publique exclut ainsi le recours à un jeu de PONZI dans lequel l’Etat émettrait indéfiniment de nouveaux emprunts pour payer les intérêts et le principal arrivant à échéance.

Le jeu de PONZI tient son nom de Charles PONZIqui monta une escroquerie de grande envergure à Boston aux Etats Unis au début du siècle dernier. Il proposait des investissements pour lesquels il promettait un rendement de 40% en 90 jours. Cette affaire reposait sur un système de vente pyramidale. Les investissements des nouveaux entrants servaient à payer les premiers investisseurs.

Il est important de distinguer cette notion de soutenabilité de celle de liquidité et de solvabilité.

Chapitre V: La politique monétaire

Introduction

La politique monétaire consiste à ajuster la quantité de monnaie en circulation avec les besoins de l’activité économique. Elle vise la stabilité interne de la monnaie interne de la monnaie par la régulation de la masse monétaire.

En la matière, la politique monétaire oscille entre le “Ni trop“ et le “ Ni trop peu“.

En effet, la quantité de monnaie en circulation dans l’économie ne doit être ni trop importante pour éviter les phénomènes inflationnistes et en quantité suffisante pour que les transactions entre les agents économiques puissent s’opérer.

Dans ce chapitre, l’objectif est de passer en revue les objectifs et les cibles de la politique monétaire afin d’aborder la gestion monétaire en Afrique.

I- Objectifs et cibles de la politique monétaire

1.1- Les objectifs

Les objectifs que poursuit traditionnellement la politique monétaire sont : lacroissanceéconomique, l’emploi et la stabilité des prix.

Selon les pays, la politique monétaire peut attribuer à ses objectifs un poids égal ou comme de nombreux pays l’ont fait, privilégier l’objectif de stabilité des prix.

La politique monétaire peut aussi poursuivre d’autres objectifs : la stabilitédes taux d’intérêt à longs termes et la stabilité des marché notamment les marché des changes.

1.2- Les cibles de la politique monétaire

Les cibles de la politique monétaire, par opposition aux objectifs sont des buts immédiats c'est-à-dire des buts qui ne sont pas des objectifs en tant que tels. Mais qui s’ils sont atteint contribueront directement à la réalisation des objectifs à longs termes de la politique économique.

En d’autres termes les cibles sont les objectifs spécifiques qui sont liés à l’objectif principal de la politique monétaire.

Les cibles de la politique monétaire sont classées en deux catégories. : Les cibles opérationnelles et les cibles intermédiaires.

Les cibles intermédiaires sont des variables qui agissent sur les objectifs ultimes de la politique monétaire mais ne relèvent pas directement du contrôle de la banque centrale.

En revanche les cibles opérationnelles sont des buts tactiques que la banque centrale essaie d‘atteindre à courts termes.

Les cibles opérationnelles peuvent aussi être modifiées en fonction de la situation économique à courts termes.

Le principal avantage du recourt à une cible réside dans le fait que les autorités monétaire peuvent modifier les paramètres de ces instruments plus rapidement et avec davantage d’exactitude pour faire face à un choc subit par le système que si elles se concentraient uniquement sur les valeurs actuelles de l’objectif ultime.

En sélectionnant les cibles, il convient d’avoir à l’esprit qu’elles doivent pouvoir être mesurables rapidement avec exactitude.

II- L’indépendance de la banque centrale

Indépendamment de l’existence ou non des règles de conduite de la politique monétaire il est généralement reconnu qu’un problème d’incohérence temporel (différence entre ce qui est annoncé et ce qui est réalisé) se pose lorsqu’une banque centrale s’engage à la foi à juguler l’inflation et à promouvoir l’emploi.

En général pour convaincre le secteur privé que la banque centrale ne profitera pas de sa capacité à réaliser des gains de bien être à courts termes, il faut que le cadre de la politique monétaire soit crédible.

Les arguments en faveur de l’indépendance de la banque centrale repose en partie sur la proposition que les banquiers centraux orthodoxes qui nourrissent davantage d’aversion envers l’inflation que la société dans son ensemble soit nommés gouverneurs de la banque centrale.

La désignation de banquiers centraux orthodoxes atténuerait le biais inflationniste de la politique monétaire parce que le public saurait qu’ils s’abstiendraient d’utiliser l’inflation inattendue pour accroitre l’emploi.

Le banquier central orthodoxe n’essayera pas de relancer l’emploi mais pourrait promettre de réduire l’inflation et obtenir des résultats concrets. Il apparait ainsi une relation entre l’inflation et l’indépendance de la banque centrale.

Il est important de noter que la relation constatée dans les pays industrialisés selon laquelle l’indépendance légale de la banque centrale est un déterminant important de l’inflation ne touche pas les pays en développement.

Toutefois, les pays en développement s’appliquent de plus en plus à tendre vers cette indépendance légale source de stabilité des prix.

III- La gestion monétaire en Afrique

La situation diffère beaucoup d’un pays Africain à l’autre. Dans les pays africains de la zone francs, les taux d’inflation ont été pendant longtemps faibles du fait des règles stricts qui limite le seigneuriage. La raison en partie réside dans le caractère supra étatique des banques centrales ce qui renforce en principe leur indépendance à l’égard du pouvoir politique.

En revanche les pays africains hors de nos francs ont tendance à laisser filer l’inflation du fait du taux de seigneuriage lourd.

Dans ces dernières catégorie de pays les taux d’intérêt réel sont souvent négatifs.

Chapitre VI : Chômage et in inflation

Introduction

L’inflation et le chômage sont deux indicateurs économiques particulièrement suivis par tous les analystes de l’économie nationale et dont la publication mensuelle est attendue par tous les agents économiques.

Le taux naturel de chômage est lié à certaines caractéristiques du marché du travail comme les salaires minimaux et le pouvoir des syndicats.

L’inflation est surtout fonction de la croissance de la masse monétaire. A longs terme l’inflation et le chômage sont deux phénomènes indépendants. Mais cela n’est pas vrai à courts termes.

Ce chapitre est consacré à l’analyse du compromis entre analyse et chômage.

I- Le chômage

1.1- Définition

1.1.1- Le plein emploi

On définit le plein emploi comme une situation où chaque personne voulant travailler et en état de travailler aux salaires en vigueur peut trouver un emploi dans le type de travail pour lequel il est le plus qualifié.

Cependant il peut y avoir plein emploi même s’il existe des femmes mariés qui ne travaillent pas à l’extérieur de leurs foyers ou des étudiants consacrant tus leurs temps à leurs études ou encore même s’il existe des personnes à la retraite.

Toutes ces personnes travaillent mais elles ne font pas partir de ce qu’on appelle population active.

1.1.2- La population active

La population active regroupe les personnes qui exercent une activité rémunérée (salariée ou indépendante).

On doit regretter que la ménagère qui exerce une activité non rémunérée ne soit pas compté dans cet ensemble, pas plus que la valeur de son travail n’est comprise dans le revenu national.

1.1.3- Calcul du taux de chômage

Le taux de chômage est le rapport entre le nombre de chômeur et la population active.

Taux de chômage= nombre de chômeur / Pop. active x 100

1.1.4- Critères du chômage

Un chômeur ou demandeur d’emploi est la personne qui satisfait simultanément aux critères suivants :

- Avoir une qualification requise dans un domaine

- Rechercher un emploi rémunéré conformément à cette qualification

- Faire des démarches effectives

- Etre immédiatement disponible

- Ne pas d’occupation professionnelle au cours de la semaine de référence

1.2- Les formes de chômage

Le chômage prend des formes très diverses et peut donc être qualifié selon les caractéristiques qu’il présente. On distingue notamment :

- Le chômage technique qui est provoqué par l’arrêt momentané de l’activité d’une entreprise suite à une baisse de la demande ou pour des raisons d’ordre technique (rupture des approvisionnements en énergie, incendie d’une usine ; grève de certaine catégories de personnel)

- Le chômage partiel ou saisonnier qui décrit la situation dans laquelle le nombre d’heures de travail est inférieur au nombre d’heures habituellement pratiquées.

- Le chômage frictionnel qui est dû à la période d’inactivité que l’on peut connaitre entre le moment où on perd et le moment où on retrouve un emploi.

II- L’inflation

2.1- Définition

L’inflation désigne la hausse durable et généralisée du niveau des prix. L’augmentation du prix d’un seul bien n’est donc pas une inflation. La notion d’inflation fait appel à d’autres notions telles que la déflation, la désinflation et la stagflation.

2.2- Les formes ou causes de l’inflation

On distingue :

- L’inflation en pente (taux d’inflation inférieur à 3% l’an)

- L’inflation déclarée (taux compris entre 3 et 6% l’an)

- L’inflation galopante (taux d’inflation compris entre 6 et 50% l’an)

- L’hyper inflation (taux d’inflation supérieur à 50% l’an)

Les causes de l’inflation sont multiples. On distingue en général :

- L’inflation par la monnaie : la hausse des prix est le résultat d’une création monétaire excessive de monnaie

- L’inflation par les coûts : c’est la hausse des prix liée à l’accroissement des coûts de production des entreprises

- L’inflation par la demande : c’est la hausse des prix lié à un déséquilibre entre l’importance de la demande et la faiblesse de l’offre des produits

- L’inflation budgétaire : elle résulte d’une décision de l’Etat d’augmenter les salaires des fonctionnaires et de baisser les impôts.

III- La courbe de Phillips

Les pays industrialisés ont disposé pendant de longues années de deux instruments fondamentaux de politique économiques. Le premier, la politique monétaire est adaptée à la lutte contre l’inflation.

Le second, la politique budgétaire est réservée à l’action sur l’activité économique donc le chômage. C’est cette succession de ces deux politiques qu’on a appelé le « Stop and Go ».

Le « stop and go » est une politique économique d’inspiration Keynésienne basée sur la lecture de la courbe de Phillips.

En effet, la relation de court terme entre chômage et inflation est illustrée par la courbe de Phillips.

En 1958, l’économiste W.A.Phillips écrivit un article dans le journal économica qui devrait le rendre célèbre. Phillips montrait dans cet article qui est intitulé « relation entre chômage et croissance des salaires au Royaume uni de 1861 à 1957 », une corrélation négative entre le taux de chômage et le taux d’inflation. Il démontra que les années pendant lesquelles le chômage était faible étaient caractérisées par une inflation élevée et vice versa.

Phillips en conclut que ces deux variable étaient liées par d’une façon qui avait échappé à l’attention des économistes jusqu’alors.

Deux ans plus tard Paul Samuelson et Robert Solow publièrent un article intitulé « analyse des politiques anti inflationnistes » qui mettait en évidence la même corrélation négative entre inflation et chômage aux USA.

Pour eux cette corrélation s’expliquait par le fait qu’un chômage faible est en général associé à une forte demande globale et qu’une faible demande exerce une forte pression à la hausse sur les salaires et les prix.

Cette relation est représentée à la figure ci-dessous à laquelle Samuelson et Solow donne le nom de courbe de Phillips.

La courbe de Phillips offre aux décideurs politiques un certains choix puisqu’en décidant des politiques monétaire et budgétaire les responsables pouvait donner un point de la courbe.

Au point A par exemple le chômage est élevé mais l’inflation est faible.

Au point B on observe une situation inverse.

Certes les hommes politiques préfèrent sans doute un chômage et une inflation faible mais les données historiques telles que transcrites dans la courbe de Phillips démontrent que cette combinaison est impossible.

Selon Samuelson et Solow, il existe plutôt un compromis entre inflation et chômage. Illustré par la courbe de Phillips.

L’application dans les pays développé de la politique de Stop and go (compromis entre inflation et chômage) a fini par montrer ses limites avec comme résultat une progression simultanée du chômage et de l’inflation.

Les économistes notamment les monétaristes ont pu dire alors que ces faits nouveaux prenaient à défaut la lecture Keynésienne de la courbe de Phillips. C’est ainsi qu’une analyse concurrente de la courbe de Phillips a été proposé par Milton Friedman et confirmé par les travaux de Edmund Phelps.

Selon les principes classiques qui constituentle fondement théorique au raisonnement de Friedman et Phelps sur la forme de la courbe de Phillips à long terme, l’inflation est principalement causé par la croissance de la masse monétaire mais celle-ci n’exerce aucun effet sur les variables réelles.

En effet, la croissance monétaire ne change rien au pouvoir des syndicats, au salaire efficace ou au processus de recherche d’emplois.

Il n’y a donc aucune raison de penser que le taux d’inflation peut être lié à long terme au taux de chômage.

Donc la courbe de Phillips à long terme doit être verticale

Les politiques de relance Keynésienne peuvent réduire le chômage en augmentant l’inflation pendant un temps mais ensuite le chômage revient à son niveau d’origine qui est son niveau naturel. Par contre, l’inflation s’auto entretient.

Les politiques de relance Keynésienne selon Friedman sont donc essentiellement inflationnistes.

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